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Baril de pétrole, électricité: comment évoluent les prix et quel est leur impact sur votre facture ?

logo de Ouest-France Ouest-France 07/11/2022 Camille BOUZA.
Les prix de l’énergie sont en baisse sur les marchés. Ces diminutions auront-elles pour autant un impact sur la facture des consommateurs ? Ici, une facture d’électricité. Photo d’illustration. © Jean-Christophe Verhaegen / AFP Les prix de l’énergie sont en baisse sur les marchés. Ces diminutions auront-elles pour autant un impact sur la facture des consommateurs ? Ici, une facture d’électricité. Photo d’illustration.

Les cours du pétrole et de l’électricité sont fixés sur des marchés internationaux. Ces derniers temps, les prix suivent une tendance à la baisse. Pour autant, cette situation aura-t-elle un impact sur votre facture ? On vous répond.

Pénurie de carburant, difficultés d’approvisionnement liées au contexte international… La question de l’énergie, et plus précisément de son prix, n’en finit plus d’inquiéter aussi bien les particuliers que les professionnels. Si des dispositifs, comme le bouclier tarifaire ou des aides spécifiques aux entreprises, ont été mis en place par l’État, ils n’empêchent pas les craintes légitimes de voir les factures bondir.

Le coût de l’énergie dépend de plusieurs facteurs qui jouent, à divers degrés, un rôle dans l’augmentation ou la baisse du prix final. Parmi eux, les prix sur les marchés internationaux. Leur évolution fait régulièrement la une de l’actualité, en particulier lorsqu’ils atteignent des sommets. Une situation qui n’a pas échappé à Vincent qui estime que beaucoup d’articles sont écrits lorsque « les prix flambent [mais] jamais dans l’autre sens », tout en nous demandant : « Quels sont les prix du baril de pétrole et du mégawattheure (MWh) actuellement ? »

Comment évoluent les prix du pétrole et de l’électricité sur les marchés ? Quelles conséquences ont ces évolutions sur la facture finale du consommateur ? Ouest-France vous répond.

Des baisses de prix sur les marchés…

Il faut tenir compte du fait que le marché de l’électricité et celui du pétrole sont très différents. « Pour l’électricité, dans la mesure où c’est un bien qui n’est pas stockable, les fluctuations de prix sont très fortes », explique Anna Creti, professeure d’économie à l’université de Paris-Dauphine-PSL et directrice scientifique de la chaire Économie du gaz naturel.

Certes, les prix de l’électricité sont en baisse actuellement mais ce constat doit néanmoins être nuancé et remis en perspective dans le temps long. « C’est vrai que nous avons un prix qui est descendu mais tout est relatif, par rapport à l’année dernière cela reste encore très élevé. Là, nous sommes à 90 € le MWh et cet été on a atteint 700 € », souligne Anna Creti.

Concernant le pétrole, le prix oscille entre 90 et 95 $ le baril de Brent (le baril de référence en Europe, NDLR). La tendance est une nouvelle fois à la baisse lorsque l’on compare avec les mois précédents. Début juin 2022, son prix atteignait, au plus haut, environ 124 $.

… Qui pourraient ne pas durer

Plusieurs facteurs d’incertitudes pourraient refaire partir les prix à la hausse. « À court terme, les marchés sont rassurés par la baisse de la demande et la perspective d’une amélioration sur la disponibilité du parc nucléaire. En revanche, si on rentre dans l’hiver, les possibles vagues de froid et les inquiétudes sur la gestion de la demande peuvent refaire surface. Nous n’avons pas un marché qui pourra atteindre la moyenne historique qui se trouve autour de 40-45 € du mégawattheure. »

Le constat est similaire pour le pétrole à une différence près. Tandis que pour l’électricité, « les déterminantes sont plus européennes, voire française », le marché pétrolier fait, de son côté, face à des « incertitudes mondiales du fait de son statut de bien globalisé ».

Et il faut le dire, les raisons d’inquiétudes, liées au contexte international, sont nombreuses : « L’augmentation des taux directeurs, qui ont un impact sur le dollar et sur les coûts des exportations de pétrole, la diminution de la production des pays de l’Opep + (l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires), l’embargo sur le pétrole russe… »

À noter que le risque n’est pas tant une rupture d’approvisionnement en pétrole mais bien une augmentation du prix du baril.

Quel impact pour le consommateur ?

Que l’on parle de l’électricité ou du pétrole, la logique est similaire : les variations de prix sur le marché ont un impact mais elles n’expliquent pas, à elles seules, les augmentations et diminutions de prix pour le consommateur. En effet, plusieurs autres coûts doivent être pris en compte. Dans le cas de l’électricité, « le consommateur paye également le transport et la distribution, qui sont régulés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), mais aussi les taxations sous différentes formes. Cette dernière partie ne varie pas avec le prix du mégawattheure », pointe Anna Creti.

Avec ce fonctionnement, les consommateurs sont « un peu plus protégés quand les prix augmentent mais gagnent peu sur leurs factures quand ils baissent », complète la chercheuse.

Cela ne signifie pas pour autant que votre facture ne pourra pas diminuer, mais cela prendra du temps. Attention, « le fait que le prix de l’électricité soit aujourd’hui plus bas ne doit pas nous faire relâcher nos efforts de sobriété », insiste Anna Creti.

Pour le baril de pétrole, « son prix est répercuté sur celui du carburant » mais, une nouvelle fois, le coût final pour le consommateur comprend d’autres éléments dont « une très grosse partie de taxation ». De plus, il faut également prendre en compte les délais d’adaptation des contrats d’approvisionnement des raffineries. « Ils sont établis sur le long terme et varient de façon très lente avec les cotations du brut. »

Mais alors pourquoi a-t-on l’impression de ressentir plus fortement les hausses que les baisses ? « La hausse a été soudaine donc la répercussion a pris en compte des valeurs qui étaient très élevées. Ce qui a mené à une augmentation des prix du carburant. Actuellement, nous sommes dans une baisse progressive et incertaine. Entre un baril à 100 $ et un baril à 95 $, on ne va pas voir de sitôt un changement de prix à la pompe. »

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