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Bitcoin, warrants, turbos… les nouvelles valeurs refuges ?

logo de Capital Capital 22/01/2021 Aline Legrand
Bitcoin, warrants, turbos… les nouvelles valeurs refuges ? © Pixabay Bitcoin, warrants, turbos… les nouvelles valeurs refuges ?

La reine des cryptomonnaies a récemment atteint de nouveaux sommets, les produits à effet de levier ont le vent en poupe... mais attention, ces produits vous exposent à un risque de perte en capital très élevé. Toutes les précautions à prendre pour bien investir.

Les produits ici analysés ont connu une année de tous les records. L'once d'or et le bitcoin ont ainsi chacun franchi ou tutoyé leurs précédents points hauts, à 2.000 et 20.000 dollars. «La monnaie virtuelle s'est imposée comme une valeur refuge, à l'égal du métal jaune», indique Manuel Valente, directeur analyse et recherche de Coinhouse. Quant aux warrants, turbos et autres certificats, ils ont profité de l'appétit retrouvé pour la Bourse, avec un volume d'échange en hausse de 40% sur les neuf premiers mois, à 6 milliards d'euros, d'après l'Association française des produits dérivés de Bourse (AFPDB). Même si, comme vous le verrez, ils peuvent servir à protéger votre patrimoine des krachs, ces produits doivent être maniés avec précaution. Ils peuvent vite dévisser, comme le bitcoin, qui a perdu 12% dans la seule journée du 26 novembre.

Pièces et lingots d'or : placement en hausse

Performance 2020 : +12% pour l'once d'or, en euros

Risque : de moyen à élevé

Durée de détention : de quelques mois à quelques années

L'annonce, mi-novembre, d'un possible vaccin contre le coronavirus a stoppé net la progression de l'once d'or, qui avait battu son précédent record début août, à plus de 2.000 dollars. Le métal jaune a toutefois gagné 19% depuis le début d'année, à 1.800 dollars l'once fin novembre. Même si la hausse est moins prononcée en euros, la monnaie unique s'étant appréciée face au dollar, le lingot n'en vaut pas moins 48.500 euros, et le napoléon 298 euros (soit +4.600 et +43 euros depuis le 1er janvier). Le métal jaune a, comme souvent, servi de valeur refuge face à la pandémie de coronavirus, à la détérioration de la conjoncture et aux tensions géopolitiques. Il garde d'ailleurs du potentiel. «Les taux d'intérêt américains devraient rester durablement très faibles, ce qui sera un soutien à son cours, comme souvent», indique François de Lassus, consultant pour Loomis FX, Gold and Services. Attention, car, dans les périodes d'extrême tension, comme lors du premier confinement, la demande de pièces d'or excède souvent l'offre disponible. Leur prix peut alors se négocier avec une prime, jusqu'à 20% supérieure au seul poids en or.

Fiscalité : en l'absence de facture d'achat, une taxe forfaitaire de 11,5%, prélèvements sociaux inclus, s'applique sur la totalité de l'or physique vendu. Si la date et le prix d'acquisition peuvent être prouvés, il est possible d'opter pour une imposition de la plus-value, au taux forfaitaire de 19%, auxquels s'ajoutent les 17,2% de prélèvements sociaux. Un abattement pour durée de détention s'applique alors, de 5% par an à partir de la troisième année de détention, pour une exonération totale après vingt-deux ans.

>> A lire aussi - Taux d'intérêt, Bourse, bijoux... pourquoi l'or devrait exploser à plus de 2.000 dollars

Produits de Bourse à levier

Gain : lié à l'effet de levier utilisé (de 2 à 20 fois)

Perte potentielle : 100% du capital

Durée de détention : de quelques jours à quelques mois

Principal avantage de ces produits : ils permettent, au choix, de parier sur la hausse d'un actif sous-jacent (indice, action, matière première ou devise) ou sur sa baisse. Et donc, dans ce dernier cas, de couvrir un portefeuille, si l'on estime que les marchés boursiers seront mal orientés. Comme le montre notre tableau, il est alors possible de gagner de 20 à 137%, en cas de simple recul de 10% de l'indice CAC 40. Attention, si l'indice, à l'inverse, grimpe, la valeur de ces produits peut tomber à zéro. «Ils doivent être surveillés de près, et conservés de quelques heures à quelques mois, selon leur effet de levier et leurs caractéristiques», détaille Maxime Vivier, responsable de la distribution des produits de Bourse UniCredit en France.

Dans le détail, les certificats Short à levier amplifient les évolutions : ils gagnent 10% dans la journée lorsque le sous-jacent recule de 1%. Les turbos, eux, sont dotés d'une barrière désactivante, qui, si elle est atteinte, fait tomber leur cours à zéro. Leur levier est d'autant plus fort que le sous-jacent est proche de cette barrière. Quant aux warrants, leur effet de levier varie selon le sous-jacent mais aussi la valeur temps, c'est-à-dire la proximité de l'échéance. «Mieux vaut choisir des produits dont la date d'échéance est deux à trois fois plus lointaine que votre horizon d'investissement», ajoute Maxime Vivier. Fixez-vous aussi un cours à partir duquel les céder en cas de mauvais pari. «Cela limitera la perte à un niveau connu dès l'achat», ajoute Falko Wesemann, responsable des produits de Bourse de BNP Paribas.

Fiscalité : les gains sont soumis aux 17,2% de prélèvements sociaux et à l'impôt sur le revenu (IR) via un acompte au taux de 12,8%. Sur option globale, ils peuvent être imposés au barème de l'IR.

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Devises sur le marché du Forex

Gain : lié à l'effet de levier utilisé (jusqu'à 30 fois la mise)

Perte potentielle : 100%

Durée de détention : de quelques heures à quelques jours

Pour être gagnant sur le marché des devises en 2020, il fallait parier sur l'appréciation de l'euro face au dollar (+7% entre janvier et fin novembre) et à la livre sterling (+6%). Les monnaies de pays refuges, comme le yen et le franc suisse, se sont mieux tenues, notamment en début d'année. Résultat : la devise japonaise s'est appréciée de 2% face à l'euro, tandis que l'helvétique ne perdait que 0,3%. Comme chaque année, de nombreux spéculateurs ont été pris à revers par ces évolutions. Et 2021 ne devrait pas faire exception à cette règle, puisque le dénouement du Brexit reste incertain, comme l'alternance au pouvoir aux Etats-Unis ou les conséquences du changement de Premier ministre au Japon.

Si vous souhaitez vous lancer, vous pouvez utiliser soit des produits de Bourse dédiés, soit des contrats pour la différence (CFD), qui nécessitent d'ouvrir un compte chez leurs concepteurs, comme IG ou Saxo Banque. Attention aux sites non autorisés, dont la liste noire, tenue par l'Autorité des marchés financiers (AMF), compte plus de 160 noms. La nouvelle arnaque à la mode consistant à proposer des modules de formation au trading, bien évidemment bidon.

Fiscalité : identique à celles des produits de Bourse.

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Bitcoin

Performance 2020 : +140%

Perte potentielle : 100%

Durée de détention : de quelques heures à quelques jours

Comme l'or, le bitcoin a été victime des nouvelles rassurantes sur le front de la pandémie. Après avoir frôlé un record à près de 20.000 dollars, il a donc rechuté vers 16.000 dollars fin novembre, pour un gain annuel à +140%. «Les répercussions économiques de la crise vont commencer à se faire sentir. Dans ce contexte, il continuera à jouer le rôle de valeur refuge», assure Manuel Valente. La principale cryptomonnaie, de plus, commence à s'institutionnaliser. «Il existe aujourd'hui des produits similaires à ceux de la finance traditionnelle, tels des comptes rémunérés ou des crédits hypothécaires, qui utilisent les monnaies numériques», commente Romain Saguy, directeur marketing de Coinhouse, qui a même lancé en octobre un mandat de gestion pour piloter un portefeuille en bitcoins. Cette société fait partie, avec LGO Europe, StackinSat et SheeldMarket, des seuls intermédiaires pour l'heure enregistrés auprès de l'AMF comme «prestataire de services sur actifs numériques» (PSAN), un statut créé en 2019. Privilégiez ces plateformes, qui présentent les garanties suffisantes pour protéger l'investisseur.

Fiscalité : celle des produits à effet de levier, dans le seul cas des reventes occasionnelles. Exonération si la plus-value annuelle globale est inférieure à 305 euros.

Notre tableau pour comparer les performances des placements spéculatifs

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