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Crise sanitaire dans l’aérien : Air France, Airbus et ADP suppriment des milliers d’emplois

logo de Le ParisienLe Parisien 18/02/2021 Adeline Daboval
Le chiffre d’affaires d’Air France-KLM a chuté de 59 % en 2020, avec une perte de 7,1 milliards d’euros. © LP/Philippe Lavieille Le chiffre d’affaires d’Air France-KLM a chuté de 59 % en 2020, avec une perte de 7,1 milliards d’euros.

C'est un secteur aérien terrassé par l'épidémie de Covid-19 et sonné par son impact financier qui a présenté ses résultats annuels ce jeudi matin. Ils sont « horribles » chez Air France-KLM, pour reprendre le mot de son directeur financier Frédéric Gagey. Chez ADP, c'est la formule de Churchill « du sang, des larmes et de la sueur » qu'a utilisée le PDG Augustin de Romanet. Quant au président exécutif d'Airbus Guillaume Faury, il évoque un marché à tout le moins « difficile ».

Pris dans les turbulences de cette crise sans précédent, sans perspective d'en sortir à court terme, les trois entreprises tricolores ont mis en place de considérables plans de réduction de leurs coûts. Avec des milliers de suppressions de postes.

Air France : 8500 suppressions de postes

Chez Air France-KLM, le chiffre d'affaires s'est effondré de 59 %, en 2020, avec une perte de 7,1 milliards d'euros. Elle inclut les 822 millions engagés par le groupe pour les plans de départs volontaires lancés pour amortir le choc. Alors qu'ils étaient à 83000 fin 2019, les effectifs de la compagnie franco-néerlandaise ont fondu de 10 % en un an. KLM a ainsi perdu 5000 postes. Chez Air France, ils sont 3600 en moins, dont 368 pilotes et 1103 stewards et hôtesses via une rupture conventionnelle collective.

Mais ce n'est pas fini. D'ici fin 2022, les plans déjà lancés prévoient encore 4900 départs chez Air France (et 900 chez KLM). L'objectif total de 8500 postes à supprimer devrait être atteint.

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« Nous sommes au milieu du plan de départs volontaires d'Air France, n'a pas caché Ben Smith, le directeur général d'Air France-KLM lors d'une conférence de presse. La première phase, de 2000 postes, se termine cette semaine. La deuxième aura lieu au printemps et la dernière cet été. »

Vu les résultats catastrophiques annoncés ce jeudi, la compagnie supprimera-t-elle davantage d'emplois ? « Nous travaillons sur d'autres initiatives mais il est trop tôt pour en parler. Nous allons déjà mener à bien ce plan qui est d'ampleur significative », a botté en touche Anne Rigail, interrogée par Le Parisien ce jeudi matin. Relancée plus tard sur la question, la directrice générale a ensuite précisé que « ces initiatives complémentaires ne portent pas que sur l'emploi mais aussi sur les coûts des bureaux, en passant le siège de Roissy en flex office, sur les coûts informatiques et sur les achats en partenariat avec KLM… »

Airbus s'en sort mieux que Boeing, mais…

Chez Airbus, les chiffres sont moins alarmants mais les pertes réelles : -1,1 milliard d'euros en 2020. S'il s'en sort bien mieux que son concurrent américain Boeing (-11,9 milliards de dollars), l'avionneur européen a quand même perdu 29 % de son chiffre d'affaires en 2020.

Lui aussi a lancé un plan social en juin 2020. Initialement fixées à 4952 en France, les suppressions de postes ont été revues à la baisse. « La mise en place du chômage partiel de longue durée et des efforts de recherche du plan de relance nous ont permis de sauvegarder des emplois dans l'ingénierie, notamment dans le développement de l'énergie hydrogène », souligne un porte-parole.

Nouveau chiffre négocié : 4248 suppressions de postes. Le plan devrait être exécuté dans les prochains mois « uniquement avec les départs volontaires et les départs en retraite, sans licenciements secs », précise la même source. « Mais ce sont les emplois du haut de l'iceberg, note Michel Molesin, coordinateur CGT du groupe Airbus. Derrière ces gros donneurs d'ordre, il y a encore plus d'emplois de sous-traitants qui disparaissent. »

ADP subit une perte de 1,17 milliard d'euros

ADP a dû descendre de son petit nuage. Alors qu'il battait des records il y a encore un an, le groupe a vu disparaître 60 % des passagers de la vingtaine d'aéroports qu'il a en gestion dans le monde. Conséquence : une perte de 1,17 milliard d'euros et un plan drastique de diminution des coûts. En plus de la fermeture de terminaux et d'économies tous azimuts, ADP fera partir en 2021 « 1500 personnes, dont 700 ne seront pas remplacées », explique le groupe. En échange de cet accord de rupture conventionnelle collective signé à l'unanimité par les syndicats, la direction s'est engagée à ne faire aucun départ contraint jusqu'en 2022.

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