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Formule 1, Football, Boxe… Pourquoi l’Arabie saoudite investit autant dans le sport ?

logo de Ouest-France Ouest-France 18/10/2021 Benoit SOENEN.
Mohamed ben Salmane, le prince héritier du royaume saoudien, veut moderniser l’image de l’Arabie Saoudite. © Reuters Mohamed ben Salmane, le prince héritier du royaume saoudien, veut moderniser l’image de l’Arabie Saoudite.

Avec le rachat du club anglais de football de Newcastle par un fonds saoudien présidé par le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, cette monarchie ultraconservatrice a pour objectif d’« améliorer son image », ternie par différents scandales ces dernières années, à travers le sport.

Après les Emirats arabes unis et le Qatar, propriétaires respectivement de Manchester City et du Paris Saint-Germain, le royaume saoudien a été le dernier pays du Golfe en date à s’offrir un club de football avec le rachat du club anglais de Newcastle. Ce rachat fait partie d’une stratégie sportive mondiale pour le pays, qui accueille déjà des compétitions automobiles, de boxe et de golf et tente de concurrencer désormais par le biais du football ses rivaux régionaux, comme le Qatar, qui accueillera la Coupe du monde 2022.

La ville saoudienne de Diriya a accueilli, en décembre 2019, le combat entre Anthony Joshua et Andy Ruiz. © FAYEZ NURELDINE / AFP La ville saoudienne de Diriya a accueilli, en décembre 2019, le combat entre Anthony Joshua et Andy Ruiz.

Améliorer l’image de l’Arabie Saoudite

« Le but premier est de se donner une visibilité, mais surtout pour améliorer l’image de l’Arabie Saoudite qui n’est pas au beau fixe, ce dont le prince héritier Mohamed ben Salmane est conscient, confiait Pascal Boniface, directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) dans nos colonnes il y a quelques jours. […] Miser sur le sport, qui est un facteur de rassemblement, fait partie de sa stratégie. »

LIRE AUSSI. ENTRETIEN. Rachat de Newcastle par l’Arabie Saoudite : « Le royaume utilise le sport comme vitrine »

Pour se faire remarquer et braquer les projecteurs sur elle, l’Arabie Saoudite a donc décidé d’être la plaque tournante du sport international. Le royaume saoudien a notamment accueilli le rallye Dakar et la Supercoupe d’Espagne. Avant cela, il s’était déjà offert l’organisation de la Supercoupe d’Italie de football ou encore le « match de boxe de l’année » entre les poids lourds Anthony Joshua et Andy Ruiz.

« Il y a aussi une volonté de miser sur le sport pour lutter contre l’obésité dans le pays et d’offrir le loisir aux Saoudiens, ajoute Bonifce. Mohamed ben Salmane essaye d’ouvrir les théâtres et les cinémas et donc désormais d’avoir une exposition sur le sport afin de rendre son pays moderne. Plus que le palmarès, c’est l’image qu’il recherche avant tout mais il sait aussi que le palmarès l’aidera à avoir l’image. »

Un avantage économique

Plus récemment, l’Arabie Saoudite est entré au calendrier de la Formule 1 pour la saison 2022, où Jeddah accueillera en mars, dans ses rues, la deuxième course de l’année. « Ça fait déjà deux ou trois ans que Mohamed ben Salmane mise sur le sport pour se donner une vitrine. […] Le rachat de Newcastle, c’est vraiment la continuité même si c’est ici une marche supplémentaire. C’est le premier pas, les dépenses d’investissements seront sûrement beaucoup plus fortes après », précise le directeur de l’Iris.

Si ces investissements massifs sont un moyen pour les Saoudiens de redorer leur image, il y a derrière des bénéfices économiques à long terme non négligeables pour cette monarchie pétrolière. Ces « coups » médiatiques s’inscrivent dans le plan de réformes « Vision 2030 », lancé en 2016 par le prince héritier Mohammed ben Salmane, destiné à préparer le pays à l’après-pétrole en diversifiant l’économie et en attirant les investisseurs.

« À Newcastle, peut-être qu’au début, les dépenses seront plus importantes que les bénéfices. Mais ils (les Saoudiens) pourraient tirer des revenus de la vente de joueurs et grâce à la publicité », a expliqué à l’AFP Mohamed Mandour, journaliste pour le fournisseur de données Sportsdata.

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