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Le Bitcoin va bientôt « prendre le chemin de l'insignifiance », affirme la BCE

logo de La Tribune La Tribune 30/11/2022 latribune.fr
« Les grands investisseurs en bitcoin sont ceux qui ont le plus grand intérêt à entretenir l'euphorie », écrivent les auteurs. © Fournis par La Tribune « Les grands investisseurs en bitcoin sont ceux qui ont le plus grand intérêt à entretenir l'euphorie », écrivent les auteurs.

La critique du bitcoin et des crypto-actifs est devenue monnaie courante au sein des institutions financières. Mais la dernière sortie de la Banque centrale européenne (BCE) est d'une sévérité inhabituelle, trois semaines après le scandale provoqué par la plateforme FTX qui a révélé des placements douteux et des conflits d'intérêts sur l'une des principales plateformes de trading de cryptos. Dans une note de blog publiée ce 30 novembre, les deux auteurs, respectivement directeur et conseiller au sein de la BCE, dénoncent le caractère spéculatif de la plus ancienne des cryptomonnaies, créée en 2009 pour remédier aux crises financières systémiques.

Selon ce billet intitulé « la dernière bataille du Bitcoin », le Bitcoin (écrit en majuscule pour évoquer le protocole) ne doit pas être légitimé par les autorités réglementaires ou par les sociétés financières car il s'apparente avant tout à un instrument de spéculation, ont déclaré les représentants de la Banque centrale européenne.

Après avoir perdu 75% en un an, le bitcoin - qui retrouve depuis quelques jours de la stabilité, à 16.844 euros l'unité -, s'apparente à « un dernier sursaut déclenché artificiellement avant de prendre le chemin de l'insignifiance ».

« Les grands investisseurs en bitcoin sont ceux qui ont le plus grand intérêt à entretenir l'euphorie », ajoutent les auteurs du texte, Ulrich Bindseil et Jürgen Schaaf, en évoquant le rôle joué depuis fin 2020 par « des sociétés isolées » et « certaines sociétés de capital-risque ».

La notoriété grandit malgré les aléas

Ils précisent que les investissement de fonds de capital-risque dans le secteurs des cryptoactifs et de la blockchain représentaient 17,9 milliards de dollars mi-juillet. A titre de comparaison, le capital-risque américain a généré près de 330 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année 2021, selon les données Pitchbook. Mais le secteur des cryptomonnaies attire de plus en plus les investisseurs, notamment vers les startups de la finance dite décentralisée. Et les particuliers continuent de s'y intéresser, le marché, malgré ses aléas, pesant 820 milliards de dollars de valorisation, tiré par son jeton star.

BCE, Fonds monétaire international (FMI), banque centrales... Le bitcoin et d'autres cryptomonnaies ont été présentés ces dernières années comme une forme alternative de monnaie censée protéger les investisseurs contre les effets néfastes des politiques inflationnistes des grandes banques, dont la BCE.

Un peu partout dans le monde, les autorités de régulation financière s'efforcent de donner un cadre juridique à l'univers complexe des cryptos, à l'image du MiCA en Europe (Market in Crypto asset). Les crypto-actifs regroupent des activités allant de l'émission de stablecoins, dont la valeur est censée être liée à celle des devises nationales, au prêt d'instruments fondés sur les protocoles décentralisés de la blockchain, ou encore au jeton NFT qui attribue une valeur unique et infalsifiable à un bien numérique.

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Régulation ne veut pas dire « approbation » pour la BCE

Or, le blog de la BCE estime que cette régulation ne doit pas être assimilée à « une approbation ».

« Puisque le bitcoin ne semble approprié ni comme système de paiement ni comme instrument d'investissement, il ne devrait être traité comme aucun des deux du point de vue réglementaire et ne devrait donc pas être légitimé », ajoutent les auteurs du texte.

Dans un courrier électronique à Reuters, Bindseil a précisé que les cryptomonnaies devraient être encadrées par les autorités de régulation en tant qu'instrument de pari ou de jeu.

Les auteurs du texte publié sur le site de la BCE regrettent aussi que l'intérêt manifesté pour les crypto par des gestionnaires d'actifs, des fournisseurs de services de paiement, des assureurs et des banques « suggère aux petits investisseurs que l'investissement dans le bitcoin est sain ».

Lundi, lors d'une audition au Parlement européen, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que le projet de règlement européen portant sur les cryptoactifs MiCA, en cours de discussion, devrait sans doute être élargi à l'avenir. Selon la Française, les cryptomonnaies se révèlent également être une menace dans le contexte russe.

Ses propos ont été interprétés comme une allusion au bitcoin, qui n'entre pas dans le champ actuel d'application du règlement MiCA car il n'est lié à aucune entité juridique basée dans l'Union européenne, ce qui signifie que les futures règles ne pourraient s'appliquer qu'aux plateformes d'échange.

La fronde de la BCE contre le bitcoin dure depuis plusieurs années. Dès 2018, un membre du conseil des gouverneurs de la BCE voulait rendre obligatoire la déclaration d'identité pour chaque détenteur du jeton.

(Avec Reuters)

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