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Orange voudrait se désengager de sa banque en ligne

logo de Capital Capital 03/03/2021 Jamal Henni
Orange voudrait se désengager de sa banque en ligne © Laurent Chamussy/SIPA/Orange Orange voudrait se désengager de sa banque en ligne

L'opérateur télécoms serait prêt à céder le contrôle d'Orange Bank, à peine trois ans après son lancement.

Mise à jour le 3 mars : selon le Canard enchaîné, Orange s'apprête à céder la majorité du capital d'Orange Bank. L'opérateur télécoms chercherait un repreneur pour les 22% d'Orange Bank détenus par Groupama, quitte à en céder le contrôle. "Nous n'avons pas monté ce projet pour devenir banquier, mais pour mesurer notre capacité d'innovation", a déclaré Stéphane Richard à l'hebdomadaire satirique. Les Echos ajoutent qu'Orange serait prêt à céder une partie de sa participation pour trouver un repreneur, et aurait mandaté la banque d'affaires Barclays en ce sens. BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et l'espagnol Santander auraient exprimé leur intérêt.

La diversification d’Orange dans la banque tourne au gouffre financier. En 2020, Orange Bank a encore creusé ses pertes opérationnelles de 5%, à -195 millions d’euros, indiquent les comptes publiés jeudi 18 février. Selon l’opérateur télécoms, ce déficit est dû au lancement en Espagne et en Afrique, tandis que les pertes en France se réduisent de 25% en deux ans. Depuis son lancement, cette activité a cumulé 643 millions d’euros de pertes opérationnelles.

Orange a apporté cet argent notamment via 420 millions d'euros d'augmentation de capital, effectuées en plusieurs étapes. L'autre actionnaire, Groupama, qui détenait initialement 65% du capital d'Orange Bank, n’a pas suivi ces différentes augmentations de capital, ce qui l’a progressivement dilué à 22%.

Mais, pour Paul de Leusse, directeur général d'Orange Bank, ces pertes sont des investissements. Et ces investissements correspondent à peu près à la valeur créée : "Les néo-banques sont valorisées plus de 500 euros par client. Or nous avons investi plus de 600 millions pour conquérir 1,2 million de clients en Europe et 350.000 en Afrique. En appliquant cette valorisation à notre cas, cela donnerait une valorisation justifiant pleinement notre investissement".

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La banque a aussi connu des débuts laborieux avec des bugs multiples. Son lancement, initialement prévu pour début 2017, a été repoussé à novembre 2017. Plus récemment, Orange Bank a souffert du confinement qui a entraîné la fermeture des agences Orange et Groupama, qui sont ses canaux de vente en plus du web.

Logiquement, le recrutement des clients a largement patiné. Fin 2019, c’est-à-dire deux ans après son lancement, elle revendiquait 500.000 clients -en retard par rapport à son objectif de 400.000 clients en un an. Fin 2020, le nombre de clients atteint 1,5 million : 650.000 clients bancaires en France et en Espagne, 350.000 en Afrique, auxquels s’ajoutent 530.000 clients particuliers en France d’Orange Courtage, qui propose des assurances pour téléphones mobiles. Devant ces déboires, toute l’équipe originale (Jean-Bernard Mateu, Laurent Paillassot, Marc Rennard, André Coisne, Elisabeth Sabbah…) a été remplacée.

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Certes, le produit net bancaire d’Orange Bank a cru de 72% l’an dernier, pour atteindre 69 millions d’euros. A fin 2020, la banque avait accordé pour 802 millions d’euros de prêts de trésorerie à ses clients, et 869 millions d’euros de prêts à l'habitat.

Mais les objectifs ambitieux qui ont été fixés semblent aujourd’hui difficiles à tenir. L’équilibre est promis pour “fin 2023”, après avoir été initialement fixé à 2021. A cette échéance de fin 2023, l’objectif est de compter en Europe 5 millions de clients et 400 millions d’euros de produit net bancaire. Puis de se lancer dans tous les pays européens où Orange est présent d’ici 2025. Pour l’instant, seules l’Espagne et la Roumanie ont été lancés.

Parallèlement, Orange Bank s’est aussi lancé en Côte d’Ivoire en juillet 2020. Le Sénégal, le Mal, le Burkina Faso… doivent suivre. En Afrique, la banque en ligne vise 10 millions de clients en 2023 avec un produit net bancaire de 100 millions d’euros.

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Malgré ces pertes, l’opérateur télécoms assure ne pas vouloir jeter l’éponge. “Orange a vocation à rester actionnaire de long terme d’Orange Bank. L’acquisition récente d’Anytime début 2021, entièrement financée par l’actionnaire Orange, en est la preuve”, assure un porte-parole, qui ajoute : “Orange Bank est un actif clé pour Orange, avec des synergies importantes sur le marché des particuliers, comme en témoignent les offres de financement et d’assurance de terminaux mobiles, ou plus récemment le pack Premium, qui se veut l’équivalent du pack Open d’Orange appliqué à la banque”.

Le dernier rapport annuel abonde : “Orange a inscrit les services financiers sur mobile au coeur de sa stratégie Engage 2025. Avec le développement de ses activités multiservice sur le continent africain, le B2B et les services IT, les services financiers sur mobile constituent l’un des 3 axes de croissance du groupe”.

Pour mémoire, l’offre d’Orange Bank repose sur des tarifs très attractifs : gratuité du compte bancaire et de la carte bancaire associée, proposée sans conditions de revenus, d’épargne ou de solde minimum. Elle comprend toute la palette des services bancaires: un compte bancaire, une carte bancaire, un chéquier, un découvert autorisé, un livret d’épargne, des assurances à la carte, des prêts personnels...

Les résultats d'Orange Bank

Résultats en millions d'euros, clients en milliers
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