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Placements verts : notre sélection de fonds les plus performants

logo de Capital Capital 05/07/2021 Julien Bouyssou
Placements verts : notre sélection de fonds les plus performants © Arthon/Adobe Stock Placements verts : notre sélection de fonds les plus performants

Les critères d’investissement extrafinanciers ne pénalisent plus forcément les gains à attendre. Notre revue détaillée des principaux produits vertueux disponibles.

Le verdissement de l'épargne est en marche. Fin 2020, les fonds estampillés ISR, pour "investissement socialement responsable", une gestion tenant compte, parmi d'autres, des enjeux environnementaux, pesaient ainsi 28% de l'épargne salariale, soit plus de 27 milliards d'euros. Ce label s'attaque désormais à l'assurance vie, ainsi qu'aux fonds immobiliers. "Notre étude de 331 fonds de ce type montre cependant que les critères environnementaux ne sont pas toujours prépondérants dans la notation qu'ils adoptent, indique Julien Niquet, président du gérant d'épargne salariale Epsor. Et qu'au global, un tiers de ces fonds devraient durcir leurs critères." Les plus militants des épargnants souligneront par ailleurs que ce label n'interdit aucun type de financement, pas même celui d'activités polluantes.

"Dans la pratique, les sociétés de gestion ont développé une politique "maison" d'exclusion, et l'on peut considérer que celle visant à exclure le secteur du charbon se met en place", assure Pierre Chabrol, chef du bureau épargne et marchés financiers à la direction générale du Trésor, et porte-parole du label ISR. La nouvelle version du label, adoptée l'été dernier, exige désormais davantage de transparence. "Les sociétés de gestion s'engagent par exemple à fournir un inventaire de leur portefeuille. Mais aussi à dévoiler leur politique de vote aux assemblées générales, et à détailler les progrès réalisés au regard d'au moins deux critères de notation", poursuit Pierre Chabrol.

Convaincu ? Ne reste plus qu'à sélectionner les plus performants de ces supports. Sachez que si l'année 2020, marquée par la crise sanitaire, leur a été particulièrement profitable, en immobilier comme en Bourse, la tendance à un surcroît de performance de ces produits semble se confirmer sur le long terme.

Livrets d'épargne

Choisir les activités que serviront à financer vos dépôts en compte courant, ou votre épargne de précaution ? Cela reste largement impossible dans les banques traditionnelles, sauf via le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), qui permet, depuis fin 2020, de déclencher un don en faveur d'une ou plusieurs entreprises ou associations parmi les dix, au minimum, que votre banque est tenue de proposer, et relevant du secteur de l'économie sociale et solidaire (ESS). Libre à vous d'opter pour celles visant spécifiquement à la préservation de l'environnement, comme Surfrider Foundation Europe chez BNP Paribas (protection des lacs, rivières et océans) ou France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot à La Banque postale.

A la Bred, c'est la fondation Tara Océan que vous pourrez gratifier (préservation de la biodiversité). Quelques établissements engagés font cependant des efforts, comme la Nef, qui, si elle ne propose pas de compte courant, donne accès à un livret d'épargne destiné à financer, à hauteur de 78% des encours, des prêts au commerce bio ou aux énergies renouvelables. Autre piste à explorer : les nouvelles "écobanques" en ligne, qui, si elles n'ont pas encore de produit d'épargne, proposent à l'inverse un compte courant.

A l'image d'Helios, dont l'offre à 6 euros par mois avait séduit 1.500 clients début mars. "Leurs dépôts ne pourront pas financer les secteurs menaçant l'environnement et la biodiversité, comme celui du pétrole", assure Julia Ménayas, sa directrice générale. Aucun risque pour l'épargne, puisque ce service en ligne est adossé à Solaris Bank, une banque allemande. Dans tous les cas, pas de miracle : comme les autres, ces livrets servent de faibles rendements, de 0,5% sur le LDDS, et même… 0,05% brut à la Nef.

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BNP Paribas Diversipierre : Première année de perte depuis la création de ce fonds, qui vise surtout des immeubles de bureaux, situés en France, Allemagne ou Italie. Il affiche un ambitieux plan de mise aux normes des bâtiments.


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Fair Invest : Cette SCPI applique des critères d'exclusion, et refuse de louer aux sociétés exerçant des activités polluantes, ou à des banques. Elle ne sélectionne que des emplacements centraux, gage de solidité du rendement.

LF Grand Paris Patrimoine : Prometteur : le rendement de cette SCPI, à 90% investie dans le Grand Paris, ne cesse de grimper, et pourrait atteindre 4,53% en 2021. L'environnement pèse pour près de 50% des critères d'évaluation ISR.

Neo : Cette jeune SCPI, investie en partie en Allemagne et en Espagne, est de loin la plus performante de notre panel. En cas de transformation des bâtiments en portefeuille, elle vise à atteindre un niveau "BBC rénovation".

PFO2 : Les ambitions écologiques, affichées par cette SCPI depuis sa création en 2009, ne l'ont pas empêchée de verser un rendement régulier. Elle diversifie désormais la mise, à hauteur de 20%, partout en Europe.

Pierre Capitale : La seule SCPI labellisée ISR à avoir rapporté moins que la moyenne en 2020, du fait d'investissements dans un hôtel et des commerces. Aussi présente en Allemagne, elle vise un retour à 4,50% de rendement dès 2021.

PREIM ISR : Eligible à l'assurance vie, ce nouveau fonds vise surtout les immeubles de bureaux aux toutes dernières normes énergétiques. Il complètera la mise avec des fonds financiers eux-mêmes labellisés ISR.

Primopierre : Un poids lourd du secteur, investi à 90% à Paris et en région parisienne. Les critères d'ordre sociétal pèsent lourd dans la gestion ISR, mais cela n'empêche pas le rendement de largement dépasser la moyenne.

Assurance vie

Alors que, depuis 2020, les assureurs sont tenus de proposer, dans chaque contrat multisupport, au moins un fonds ISR, ou un fonds vert, ou un fonds solidaire, c'est un produit de chacune de ces trois catégories qu'ils devront au minimum offrir dès janvier prochain. En complément, les compagnies devront aussi indiquer le pourcentage de fonds labellisés, parmi le total de fonds référencés. Force est de constater que certains assureurs ont de l'avance sur ces obligations, notamment les mutuelles et associations d'épargnants. C'est ainsi que Multi Vie de la Macif compte 8 fonds labellisés sur les 11 disponibles, et que Solid'R Vie de l'Asac-Fapès en recense 17 sur 22.

Certains contrats en ligne se distinguent également : Darjeeling, de Placement-direct.fr, propose 268 fonds estampillés sur un choix de près de 1.000, tandis que Cashbee applique par défaut un filtre ISR. Mieux : il est désormais possible de choisir un mandat de gestion exclusivement ISR ou dédié au changement climatique, comme chez Cashbee (Cashbee+ Climat), Nalo (portefeuille écoresponsable) ou la MIF. "Près d'un tiers de nos nouveaux clients le choisissent", indique Olivier Sentis, directeur général de la MIF. Chez cette mutuelle, seuls 80% des fonds servant au gérant sont toutefois labellisés ISR, ou notés selon une grille ESG. "Certains types de supports n'ont pas encore la possibilité d'être notés, et il serait dommage de s'en passer pour la gestion financière", justifie Olivier Sentis.

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Côté performances, de tels mandats n'ont rien à envier aux traditionnels, du moins pour 2020. C'est ainsi qu'à la MIF les gains nets de frais de gestion se sont échelonnés de +4,42 à +10,26%, tandis que les clients de Nalo ont pu engranger de +3,4 à +22,8%, selon le dosage d'actions. Les frais, eux, ne sont pas forcément salés : Nalo ne prélève que 0,55% de l'encours, tandis que la MIF limite la note à 0,20%. A noter : il sera difficile aux plus prudents, ayant uniquement investi dans le fonds euros garanti, d'orienter leur contrat vers des placements ISR. Aucun label n'est en effet disponible pour ce type de supports, surtout investis en obligations d'Etat. Dès 2022, les compagnies devront toutefois détailler, dans le relevé annuel, l'impact environnemental et social de la gestion de leur fonds.

Fonds immobiliers

Ils ne sont que neuf fonds immobiliers grand public à avoir, pour l'heure, décroché le label ISR. Il faut dire que le cahier des charges à respecter n'a été finalisé que fin 2020, et qu'il est plus contraignant que celui relatif aux fonds boursiers. "Il implique de suivre huit indicateurs de performance, dont quatre obligatoires. Parmi ces derniers figurent par exemple, dans le domaine environnemental, la performance énergétique des bâtiments en portefeuille et leurs émissions de gaz à effet de serre", indique Pierre Chabrol. Comme le montre notre tableau, la stratégie de ces fonds reste d'acheter des immeubles existants, et d'en planifier la rénovation, afin de faire progresser la note globale du patrimoine.

"L'objectif est de ramener les consommations d'énergie et d'eau au-dessous de certains seuils, ou de les réduire, sous huit ans, de respectivement 40 et 30%", indique Eric Cosserat, président de Perial. Seul PREIM ISR, de Primonial, se concentre sur les immeubles neufs aux dernières normes énergétiques, tandis que Fair Invest, de Norma Capital, a pour originalité d'exclure certains locataires, comme les banques et les sociétés pétrochimiques. Autant d'engagements qui ne grèvent pas les performances, puisque les six sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) de notre panel ont versé 4,75% de rendement moyen en 2020, contre 4,18% pour le secteur.

"Nous visons à éviter l'étalement urbain, et sélectionnons dès lors des emplacements de centre-ville. Cela soutient le rendement sur le long terme", indique Faïz Hebbadj, président de Norma Capital. "Acheter des immeubles à rénover évite de payer trop cher. Et c'est un gage de revalorisation du patrimoine sur le long terme", indique Anne-Claire Barberi, responsable RSE et innovation chez Perial. Quel que soit le fonds acheté, vous détiendrez essentiellement des bureaux, ainsi que, dans une moindre mesure, des commerces. Si vous visez le résidentiel, pas d'autre choix que de vous tourner vers l'investissement en direct, avec les bonus Pinel (logements neufs aux normes BBC), ou Denormandie (logements anciens remis aux normes).

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Financement d'énergies renouvelables

Nombreux sont ceux qui, lorsqu'ils voient une éolienne tourner, se disent désormais : "C'est mon épargne qui fructifie." Le financement participatif des énergies renouvelables continue en effet sa progression, avec près de 100 millions d'euros collectés en 2020, selon le baromètre de Financement participatif France. Rendement moyen à attendre de ces prêts, d'une durée de deux à cinq ans : 5%, comme sur la plateforme Lendosphere, le leader du secteur avec Lumo et Enerfip, pour un risque… quasi nul. "Le secteur a bien résisté durant la crise sanitaire. Le développement de certains parcs a pu être retardé, mais aucun projet n'a été annulé", décrit Jean-Marc Clerc, directeur général de Wiseed Transitions, une nouvelle filiale dédiée de la plateforme Wiseed.

Pour en profiter, il faudra de préférence habiter dans une région bénie du soleil ou du vent : les développeurs sollicitent souvent en priorité les riverains (du département et des départements limitrophes), en leur proposant même des taux bonifiés, car cela leur permet de décrocher plus facilement les appels d'offres. Le flux de projets devrait continuer à croître. Valorem, un des principaux développeurs, vient ainsi de lancer son portail, MonParcValorem, en partenariat avec Lendosphere. "Nous pensons doubler le volume de financements, et même proposer des parcs ailleurs en Europe, comme en Grèce", indique Claudio Rumolino, responsable des investissements participatifs à Valorem.

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