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Blue Monday : la dépression a-t-elle un impact sur votre mémoire ?

logo de Medisite Medisite 17/01/2022 Medisite
Blue Monday : la dépression a-t-elle un impact sur votre mémoire ? © Istock Blue Monday : la dépression a-t-elle un impact sur votre mémoire ?

Si la dépression n’est pas une maladie de la mémoire à proprement parler, la maladie entraîne un ralentissement idéomoteur en impactant la capacité à se rappeler de ses souvenirs et en altérant le fonctionnement de l'attention. La maladie ralentit la vitesse de traitement des informations.

La dépression peut-elle entraîner une perte de la mémoire ? À l'occasion du Blue Monday ce lundi 17 janvier 2022, considéré depuis une quinzaine d'années comme étant le jour le plus déprimant de l'année, l'Observatoire B2V des Mémoires s'est interrogé sur les liens entre mémoire et dépression. Pour rappel, au-delà des jours très courts de l’hiver, on estime que 40,5% des Français ont vu leur moral baisser depuis cette crise sanitaire. Selon Francis Eustache, neuropsychologue, Président du Conseil Scientifique de l'Observatoire B2V des mémoires, et Catherine Thomas-Antérion, neurologue, Docteure en neuropsychologie, et membre du Conseil scientifique de l'Observatoire B2V des mémoires, "la dépression n'est pas une maladie de la mémoire, comme la maladie d'Alzheimer qui est souvent considérée comme le prototype de ces maladies". Pour autant, les experts assurent que "les troubles de l'humeur vont toutefois entraîner des troubles de la mémoire, du fait des difficultés de concentration et du ralentissement idéomoteur".

Dépression : des difficultés à rappeler les informations

Selon les experts de la mémoire et du cerveau de l’Observatoire B2V des mémoires, dans la maladie d'Alzheimer, les neuropsychologues expliquent que l’on observe "des troubles authentiques de la mémoire, c'est-à-dire que la personne ne parvient pas à enregistrer (encoder) de nouvelles informations, tout en oubliant des informations et des souvenirs qu'elle avait pourtant acquises dans son passé". À l’inverse, dans la dépression, “il s'agit plutôt de troubles 'apparents'". En effet, en pratique, la personne souffrant de dépression a "des difficultés à rappeler spontanément les informations (dans les tests de mémoire, cela correspond aux conditions de rappel libre)".


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En revanche, et contrairement à la maladie d'Alzheimer, "la personne dépressive est aidée par des indices de rappel (le début des mots présentés dans la phase d'encodage ou leur catégorie sémantique : c'était un nom d'animal, de fruit etc.), alors que ces indices aident peu le patient souffrant de maladie d'Alzheimer". En plus des mécanismes de la mémoire temporairement altérés, les contenus peuvent être modifiés. "Les idées noires envahissent les souvenirs qui, à leur tour, envahissent les pensées de la personne dépressive entraînant une sorte de cercle vicieux", précisent les experts de la mémoire.

"Les souvenirs épisodiques biographiques sont rares"

La dépression entraîne une "distorsion de la perception du temps et de la projection dans le futur avec l'impression d'un temps qui s'accélère". Les neurologues précisent que "les souvenirs épisodiques biographiques sont rares, émoussés et 'sur-généralisés', parce que le dépressif est replié sur lui-même pendant l'épisode avec une émotion émoussée et entièrement centrée sur la tristesse". Les spécialistes se sont également interrogés sur les traces laissés dans notre cerveau par la dépression afin de savoir si une fois l'épisode dépressif terminé il était possible de "réparer" la mémoire. Selon eux, les recherches en neurosciences, qui utilisent notamment les méthodes d'imagerie cérébrale fonctionnelle, vont dans le même sens que les descriptions cliniques et montrent "un dysfonctionnement des circuits qui unissent les régions préfrontales (en avant du cerveau), et les hippocampes, impliquées dans le mémoire épisodique".

Ces altérations de la mémoire sont bien en accord avec les difficultés de rappel (de récupération) qui sont observées dans les tests de mémoire. En réalité, "ce ne sont pas vraiment les mécanismes de la mémoire qui sont touchés, mais davantage les stratégies qui permettent à la mémoire de bien fonctionner". La dépression modifie les capacités cognitives des personnes qui en souffrent, notamment en altérant le fonctionnement de l'attention, en ralentissant la vitesse de traitement des informations et en encodant ou récupérant les souvenirs plus laborieusement.

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