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Pourquoi le nouveau "manifeste des 343" en faveur du droit à l'avortement est nécessaire

logo de Terrafemina Terrafemina 06/04/2021 Clément Arbrun
Le droit à l'IVG, une lutte encore d'actualité. © Adobe Stock Le droit à l'IVG, une lutte encore d'actualité.

L'interruption volontaire de grossesse est un droit encore trop fragilisé. Surtout en temps de pandémie. C'est pour cela qu'un demi-siècle après la première publication le 5 avril 1971 du fameux Manifeste des 343 dans le Nouvel Observateur, rédigé par Simone de Beauvoir et signé par 343 femmes qui déclaraient s'être fait avorter, 343 femmes et personnes pouvant vivre une grossesse s'expriment de nouveau dans une tribune publiée sur le site du Journal du Dimanche. Ces paroles militantes réclament l'allongement des délais légaux d'accès à l'IVG en France.

"En 1971, 343 femmes affirmaient avoir avorté illégalement à travers le ­manifeste des 343. Cinquante ans plus tard, nous sommes 343 femmes et personnes pouvant vivre une grossesse à déclarer avoir avorté au-delà des délais légaux français. L'avortement libre et gratuit n'est pas le but ultime de la lutte des femmes. Au contraire, il ne correspond qu'à l'exigence la plus élémentaire, ce sans quoi le combat politique ne peut même pas commencer", explique cette actualisation fondamentale du texte majeur.

Parmi les signataires engagées de ce nouveau Manifeste figurent des artistes comme Laure Calamy, couronnée à la dernière cérémonie des César, la chanteuse et comédienne Vanessa Paradis, l'actrice Béatrice Dalle, mais aussi des voix plus politiques comme l'ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem, les éluesAlice Coffin etClémentine Autain ou encore la journaliste, podcasteuse et autrice féministe Lauren Bastide.

"Un droit toujours à conquérir"


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"Au cours de sa vie, une femme sur trois recourt à une interruption volontaire de grossesse. Mais nous n'avons pas encore acquis la propriété pleine et entière de nos corps. Le patriarcat freine nos choix, nos possibilités de disposer librement de nos corps. Par rapport à l'avortement, la loi en a fixé la limite : douze semaines de grossesse. Au-delà, les recours sont limités et conditionnés", développe ce nouveau Manifeste des 343. L'allongement du délai légal de recours à l'avortement, c'est là le motif principal de cette mise à jour.

Une cause déjà ravivée depuis l'an dernier, dès le premier confinement, contexte de crise sanitaire exacerbant la crainte de voir l'accès à l'IVG mis à mal. Une préoccupation peu prise en compte par les pouvoirs publics, et notamment les voix plus conservatrices. En mai 2020, le Sénat annonçait ainsi le rejet de l'allongement provisoire de 12 à 14 semaines de grossesse supplémentaires. Une décision "qui ne permet pas une progression des droits des femmes en France", déplorait alors le Planning Familial, à l'unisson des paroles militantes.

La question du délai ne cesse donc d'être d'actualité, aujourd'hui encore. Le manifeste poursuit : "Pour les femmes et les citoyennes, la liberté s'arrête là où commence le pouvoir médical. D'autre part, l'accès à l'avortement au-delà de douze semaines de grossesse est conditionné à notre situation socio-économique. Les personnes concernées dotées de ressources pourront se rendre à l'étranger, dans des pays dont les législations plus progressistes leur permettront d'avorter dans des conditions sécurisées en respect de leur choix".

C'est encore à cause de ce délai légal trop étroit que bien des femmes ont dû avorter à l'étranger. Ou bien encore, poursuivre une grossesse non désirée. "Cette violence est infligée dans le silence et l'indifférence. En solidarité avec toutes ces femmes, je déclare que je suis l'une d'elle. J'exige la réelle maîtrise de mon corps, J'exige le respect de mon corps, de mes droits et de mes choix, J'exige l'allongement des délais légaux d'accès à l'IVG. Le droit à l'avortement est un droit toujours à conquérir", conclut la tribune.

Ce texte publié dans le JDD nous rappelle également que dans un pays où plus de 210 000 avortements sont réalisés chaque année, les femmes rencontrent de nombreux obstacles sur leur passage, "telles que la désinformation, la propagande antichoix, la carence de services hospitaliers de proximité", développe le texte. Une situation aggravée quand il est question des classes fragilisées – étudiantes, mineures, précaires.

Un demi-siècle après le premier Manifeste, et à l'heure du monde d'après, le combat continue comme avant.

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