Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Grand Prix des lectrices : octobre 2020

logo de ELLE ELLE 16/10/2020 Clémentine Goldszal

En mettant des mots sur nos peurs, nos vies, nos chagrins et nos envies, les livres nous sauvent. En ces temps troublés, nos jurées se montrent d'un enthousiasme et d'une probité sans faille. Dans la catégorie « Roman », elles ont plébiscité le magnifique « Fille », de Camille Laurens. Elles se sont reconnues et ont vu leurs luttes, leur force et leurs magnifiques faiblesses dans la vie de Laurence, l'héroïne – fille, femme, mère – de ce roman ultra-contemporain. Paradoxalement, c'est au rayon « Document » que va, ce mois-ci, se loger le dépaysement : sous prétexte d'une enquête familiale, « L'Accident de chasse » nous emmène à Chicago au milieu du siècle dernier et parle secrets, mafia, et « Enfer » de Dante… Ce somptueux roman graphique, inspiré de faits réels, a séduit nos jurées. Côté « Policier », enfin, Patrick Bauwen clôt la trilogie entamée en 2017 avec « Le Jour du chien » ; « L'Heure du diable » a ravi les fans de frissons et de psychopathes imprévisibles. Que c'est bon de trembler pour de faux !

© Soledad

Le roman

Fille © Fournis par ELLE Fille

« Laurence naît fille à la fin des années 1950. Elle traîne la culpabilité de ne pas être le garçon attendu jusqu'à la naissance de sa fille, qui la délivre enfin de ce poids. Camille Laurens nous entraîne dans la vie de Laurence, qui évolue au milieu de femmes fortes mais soumises. Les hommes sont absents, dominateurs, violents, violeurs. Laurence vit des drames successifs, qui l'anéantissent. Elle s'en relève seule ou grâce aux femmes de sa famille, mais il faut faire profil bas, ne pas déranger, ne pas faire de vagues, n'en parler à personne… En contrepoint, la liberté de sa fille l'étonne, l'incommode, l'interroge. Petit à petit, elle comprend, puis elle adhère et se libère… enfin. Cette histoire est mon histoire, celle de mon amie Laurence, celle de mes amies, celles des femmes nées dans les années 1960. “Fille” est un roman féminin et féministe. L'écriture de Camille Laurens est directe, incisive, dynamique et épurée. Ce roman se lit d'une traite. Incontournable ! » Catherine Malleret

« FILLE », de Camille Laurens (Gallimard, 240 p.).

Le document

L-Accident-de-chae © Fournis par ELLE L-Accident-de-chae

« À l'ouverture de ”L'Accident de chasse”, c'est d'abord l'incroyable beauté des dessins à la plume de Landis Blair, qui impres sionne. Aux amatrices et amateurs de BD française, elle rappellera la sinuosité et la virtuosité du dessinateur David B., auteur, dans les années 1990, de ”L'Ascension du haut mal”. Inspiré de faits réels, le scénario de David L. Carlson se révèle aussi étourdissant que sa mise en images. La lectrice se trouve alors déchirée entre la tentation de tourner les pages rapidement pour en apprendre sur le destin de Matt Rizzo, petite frappe de Chicago, initié aux choses de l'esprit lors d'un séjour en prison, et celle de suspendre l'avancée dans l'intrigue afin d'admirer la minutie et la densité du dessin. Comme tous les chefs- d'œuvre du roman graphique, “L'Accident de Chasse” encourage donc à multiplier les relectures. Grâce aux auteurs, Matt Rizzo, qui rêva de devenir écrivain, a été transformé en magnifique héros américain. Il habitera longtemps les rayons des bibliothèques. » Lucie Bondeau

« L'ACCIDENT DE CHASSE », de David L. Carlson et Landis Blair, traduit de l'anglais par Julie Sibony (Sonatine Éditions, 472 p.).

Le policier

L-Heure-du-diable © Fournis par ELLE L-Heure-du-diable

« L'heure du diable sera celle où vous ouvrirez ce bouquin ! Une fois entamé, difficile de le lâcher… Et pourtant, je l'appréhendais un peu ce Chris Kovak, qui avait déjà vécu des aventures sans moi dans deux romans le mettant en scène. Et je le découvre tout cabossé, agoraphobe, accro à la morphine… Un antihéros auquel on s'attache immédiatement. La brigade Évangile, en charge des crimes du métro, se voit lancée dans un jeu de piste où tous ses membres semblent des pions. Quand une jeune femme est percutée par un train en banlieue parisienne, la suspicion de suicide se transforme vite en certitude d'homicide. En toile de fond : le béhourd (un sport de combat médiéval), l'enfance de Kovak et ses secrets de famille, la construction des fake news, une société ésotérique… L'équipe de police, bien balancée, aux personnages calibrés, est mise au service d'un récit dynamique. Patrick Bauwen a su me séduire et clôturer sa trilogie d'une manière intelligente et touchante. »

« L'HEURE DU DIABLE », de Patrick Bauwen (Albin Michel, 473 p.).

Ce mois-ci, notre jury de lectrices ont aussi découvert "La Petite dernière", de Fatima Daas (ed Noir sur Blanc), "Chavirer", de Lola Lafon (Actes Sud), "Rumeurs d’Amérique", d’Alain Mabanckou (Plon) et "Le Village perdu", de Camilla Sten (Seuil).

Publicité
Publicité

Plus d'info : Elle.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon