Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Alimentation: cessons d'associer "terroir" à santé et "nouveauté" à danger - BLOG

Le Huffington Post 27/10/2021 Lamprini Risos
À force de publicités financées par les filières et les marques pour vanter les aspects traditionnels (ou naturels) de leurs produits, nous avons tendance à associer insidieusement ces termes à des atouts santé. Pourtant, l’archaïsme d’une recette ou d’une méthode de production ne dit absolument rien de son attrait nutritionnel. © Fournis par Le Huffington Post À force de publicités financées par les filières et les marques pour vanter les aspects traditionnels (ou naturels) de leurs produits, nous avons tendance à associer insidieusement ces termes à des atouts santé. Pourtant, l’archaïsme d’une recette ou d’une méthode de production ne dit absolument rien de son attrait nutritionnel.

ALIMENTATION - Le 11 octobre, les producteurs de roquefort ont lancé une offensive médiatique et politique contre le nutri-score. Son tort ? Informer les consommateurs sur la très mauvaise qualité nutritionnelle de ce fromage, ses teneurs en sel et en graisse justifiant la plus basse note du classement, à savoir “E”.

La tradition, ça n’est pas forcément bon

À force de publicités financées par les filières et les marques pour vanter les aspects traditionnels (ou naturels) de leurs produits, nous avons tendance à associer insidieusement ces termes à des atouts santé. Pourtant, l’archaïsme d’une recette ou d’une méthode de production ne dit absolument rien de son attrait nutritionnel. © Hispanolistic via Getty Images À force de publicités financées par les filières et les marques pour vanter les aspects traditionnels (ou naturels) de leurs produits, nous avons tendance à associer insidieusement ces termes à des atouts santé. Pourtant, l’archaïsme d’une recette ou d’une méthode de production ne dit absolument rien de son attrait nutritionnel.

À force de publicités financées par les filières et les marques pour vanter les aspects traditionnels (ou naturels) de leurs produits, nous avons tendance à associer insidieusement ces termes à des atouts santé. Pourtant, l’archaïsme d’une recette ou d’une méthode de production ne dit absolument rien de son attrait nutritionnel.

Parfois, la nouveauté est avantageuse. Ainsi, la margarine (riche en oméga-3 et nutri-score C) remplace favorablement le beurre (riche en graisses saturées et nutri-score E), qu’il soit d’appellation d’origine contrôlée ou non. Une étude française portant sur près de 25.000 produits montre par ailleurs que les spécialités végétariennes (bien que toutes ne se valent pas) risquent moins de se retrouver dans la catégorie des aliments ultra-transformés à haut risque que les viandes salées ou les plats préparés qu’elles remplacent.

Relire la vidéo

Nous sommes enclins à diaboliser certains produits de conception plus récente, non en raison de leurs impacts avérés sur la santé ou de leur qualité nutritionnelle, mais simplement parce qu’ils ne sont apparus sur nos tables qu’au cours du 20e siècle ou parce qu’ils sont associés au grignotage.

La nouveauté diabolisée

Même si elles sont maintenant consommées depuis des décennies, les chips et les cacahuètes sont perçues comme bien plus nocives que des aliments dits “traditionnels” comme le saucisson, le fromage ou le vin.

Ainsi, beaucoup seront étonnés d’apprendre que les chips natures, aliment transformé noté B à D dans le nutri-score selon leur composition, contiennent en moyenne quatre fois moins de sel que le saucisson (nutri-score E et aliment ultra-transformé). Les cacahuètes, avec leur nutri-score A à C, contiennent au moins quatre fois moins de sel, trois fois moins d’acides gras saturés et 40% de protéines en plus que le roquefort (nutri-score E).

Enfin, il est tout à fait probable que le “verre de vin quotidien” tant vanté dans le passé fasse plus de mal que de bien à son consommateur. Il serait absurde de conseiller de boire du soda plutôt que de l’eau, mais ces boissons sucrées, absorbées en même quantité, ne sont pas aussi dangereuses que ne le sont nos alcools, traditionnels ou non.

L’essentiel: la composition du produit

Notre pays regorge d’autres produits du terroir que nous consommons généralement en bien trop faible quantité: lentille verte du Puy, noix de Grenoble, figue de Solliès, coco de Paimpol, ail violet de Cadours, carotte des sables de Créances ou encore pomme du Limousin.

L’ancienneté et les savoir-faire développés dans la production de ces aliments n’ont cependant pas autant d’importance que la nature de ces produits: fruits, légumes, légumineuses. Or, malgré des recommandations sanitaires très claires depuis des décennies, nous sommes encore bien loin de consommer suffisamment ces aliments riches en vitamines et en fibres (seulement 13% de la population atteint l’apport journalier recommandé). Les légumineuses, par exemple, longtemps bases de l’alimentation française, sont à la fois riches en minéraux et en fibres, apportent rapidement la satiété et permettent de varier notre apport protéique.

Le nutri-score donne une information claire et fiable pour orienter le consommateur. Cette classification qui a fait ses preuves se concentre sur l’essentiel: la composition du produit. Son rôle n’est ni d’inciter à la préservation du patrimoine gastronomique français ni de veiller aux intérêts économiques des entreprises qui l’exploitent.

Ont également signé cette tribune:

  • Catherine Devillers, Docteur en médecine et nutritionniste;
  • Esmeralda Fraille Lopez, Docteur en médecine et nutritionniste.

À voir également sur Le HuffPost: Faire soi-même un cordon bleu c’est simple et rapide

Publicité
Publicité

Plus de Le Huffington Post

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon