Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Covid-19 : pourquoi certaines personnes vaccinées sont-elles contaminées par le virus ?

logo de Femme Actuelle Femme Actuelle 28/04/2021 Anaïs Chabalier
Covid-19 : pourquoi certaines personnes vaccinées sont-elles contaminées par le virus ? © iStock Covid-19 : pourquoi certaines personnes vaccinées sont-elles contaminées par le virus ?

Vacciné mais positif à la Covid-19. Ces dernières semaines, plusieurs cas d'individus ayant contracté le coronavirus après avoir reçu un sérum anti-Covid ont été recensés, notamment dans des Ehpad. Comment expliquer ce phénomène ? On fait le point.

92,8 %. C’est la proportion de résidents d’Ehpad ou d’unités de soins de longue durée (USLD) qui avaient reçu une première dose de vaccin anti-Covid au 30 mars 2021, selon le point épidémiologique hebdomadaire du 1er avril de Santé Publique France. 72,3 % des résidents de ces établissements avaient quant à eux reçu les deux doses d’un sérum contre le coronavirus.

Pourtant, ces dernières semaines, plusieurs personnes ayant reçu le sérum anti-Covid ont malgré tout été contaminées par le coronavirus. Début avril, à Marckolsheim, dans le Bas-Rhin, 11 résidents d’un Ehpad ont par exemple été testés positifs à la Covid-19 alors que la majorité d’entre eux avait été vaccinés contre le coronavirus. Sept de ces résidents avaient même reçu les deux doses de vaccin. A Marseille, un couple de retraités marseillais a également été infecté par la Covid-19 après avoir été vacciné avec le sérum Pfizer.

Vidéos suggérées
VIDÉO SUIVANTE
VIDÉO SUIVANTE

Comment expliquer que des personnes vaccinées contre la Covid-19 soient malgré tout contaminées par le Sars-CoV-2 ? Il y a plusieurs explications à ce phénomène et celles-ci ne remettent pas en question l'efficacité des vaccins.

Vaccin contre la Covid-19 : une immunité qui n’est pas immédiate

On le sait : trois des quatre vaccins actuellement disponibles en France nécessitent deux doses. Elle intervient 21 jours après la première injection dans le cas du sérum Pfizer/BioNTech, 28 jours après dans le cas du Moderna et 9 à 12 semaines après dans le cas de l'AstraZeneca.

L’immunité contre la Covid-19 commence à se développer après la première dose, mais pas immédiatement : il faut compter environ deux semaines pour être en partie protégé. "Et on considère que l’immunité complète est acquise 15 jours après la seconde injection", indiquait à 20 minutes le Dr Jean-Paul Hamon, médecin généraliste à Clamart (Hauts-de-Seine) et président d’honneur de la Fédération des médecins de France (FMF).

Dans le cas du vaccin Pfizer/BioNTech le taux de protection est par exemple de 52 % après la première injection, indiquait en février dernier la Food and Drug Administration (FDA), l'administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments. Il est donc possible d’être contaminé par la Covid-19 entre les deux doses de vaccin même si la première injection confère déjà une certaine protection.

Une étude parue en mars dernier dans le New England Journal of Medicine révélait d’ailleurs que sur 36.659 professionnels de santé américains ayant reçu au moins une dose de vaccin, 379 ont contracté la Covid-19. Dans 71 % des cas, ces personnes ont été testées positives deux semaines qui ont suivi la première injection.

Les contaminations après la vaccination sont rares

La prudence reste de mise même après la seconde dose. Et pour cause : les vaccins anti-Covid ne confèrent pas une immunité totale. L’efficacité annoncée du sérum Pfizer/BioNTech est ainsi de 94,5%, celle du Moderna est de 94 % et celle de l’AstraZeneca est de 60 à 70 %. Il est donc toujours possible d’être contaminé par la Covid-19 après avoir reçu les deux doses de vaccin, d'où l'intérêt du maintien constant des gestes barrières.

Cependant, ce phénomène est peu fréquent et ne remet pas en cause l'efficacité des sérums anti-Covid : "La rareté des résultats positifs 14 jours après l'administration de la deuxième dose de vaccin est encourageante et suggère que l'efficacité de ces vaccins se maintient en dehors du cadre des essais", pouvait-on lire dans l’étude parue en mars dans The New England Journal of Medicine.

Une contamination à la Covid-19 peut aussi avoir lieu chez les patients dont l’organisme n’a pas réussi à développer suffisamment d’anticorps après le vaccin. "Cela fait partie des aléas classiques, comme pour le vaccin contre la grippe, qui est efficace à 70 % environ. Il y aura donc 30 % des personnes vaccinées qui pourront avoir la grippe", explique à Ouest-France Frédéric Altare, immunologue et directeur de recherche à l’Inserm.

Autre problème : la durée de protection contre la Covid-19 conférée par les deux doses de vaccin reste pour l’heure mal connue. Cependant, le 1er avril, les laboratoires Pfizer et BioNTech ont annoncé que leur vaccin était efficace à 91,3 % pour prévenir l’infection au coronavirus dans les six mois suivant la seconde injection.

Vaccin contre la Covid-19 : il protège contre les formes graves

Si les sérums anti-Covid n'immunisent pas à 100 % contre la Covid-19, ils protègent contre les formes graves de la maladie. Le vaccin Pfizer/BioNTech serait ainsi efficace à 97 % contre les formes symptomatiques de l’infection, tandis que le sérum AstraZeneca aurait une efficacité de 76 % contre les formes symptomatiques et de 100 % pour prévenir les formes graves de la maladie ainsi que les hospitalisations. Une potentielle contamination à la Covid-19 après la vaccination limite donc les risques de développer des symptômes et d'être touché de façon sévère par l'infection.

Les variants, plus résistants aux vaccins ?

Britannique, sud-africain, brésilien, indien… Depuis plusieurs mois, les variants du Sars-CoV-2 suscitent l’inquiétude. Et pour cause : ils sont plus contagieux, mais pourraient aussi mettre à mal l’efficacité de certains vaccins. "On sait aujourd'hui que même s'ils restent très efficaces contre lui, les vaccins à ARN messager voient leur capacité neutralisante diminuée par le variant dit sud-africain", explique à France Info Anne-Claude Crémieux, professeure de maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Louis à Paris.

Une étude parue dans la revue The Cell en mars dernier s’était notamment intéressée à l’efficacité de l’ARN messager, la technologie utilisée par les vaccins Pfizer et Moderna. Ces travaux révélaient que les vaccins à ARN messager "étaient significativement moins efficaces" contre les variants, et notamment le brésilien.

Une étude parue en mars dernier dans la revue Nature Medicine révélait également que le sérum Pfizer/BioNTech protège à 80 % du variant britannique et de la souche classique du coronavirus une semaine après l'injection de la deuxième dose. En revanche, son efficacité passe à 60 % contre le variant sud-africain. Pour pouvoir lutter contre les variants, les laboratoires Pfizer et BioNtech ont lancé une nouvelle étude dont le but est de déterminer l'efficacité d'une troisième dose de sérum anti-Covid contre ces mutations.

A lire aussi :

Nouveau calendrier vaccinal : proches de personnes immunodéprimées, patients obèses… Ce qui va changer

Vaccin Johnson & Johnson : 7 choses à savoir sur ce sérum administré aux plus de 55 ans dès samedi

Vaccin contre la Covid-19 : comment soulager les effets secondaires courants ?

Publicité
Publicité

Plus d'info : FemmeActuelle.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon