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Je laisse mes enfants se déchaîner pour ne pas devenir folle - BLOG

Le Huffington Post 18/07/2021 Jacqueline Housden
je laisse mes enfants se déchaîner © Jacqueline Housden je laisse mes enfants se déchaîner

PARENTS ET ENFANTS - C’est au bord du cratère de bombe près de chez moi que je me suis demandée, le souffle coupé, si je n’étais pas allée trop loin.

Je regardais, avec une fierté mêlée d’effroi, mon fils Max, deux ans, qui dévalait la piste raide et rocailleuse sur sa petite draisienne bleue en s’accrochant au guidon de toutes ses forces. “Oh non!”, s’est écrié son frère, âgé de cinq ans. Ça, je ne l’avais pas prévu.

Relire la vidéo

J’imagine que vous lisez ceci dans l’espoir de glaner quelques astuces éprouvées pour faire face à la pandémie. Mais à voir l’expression sur le visage de certains passants, je ne suis pas sûre que notre façon de gérer les choses convienne à tout le monde.

Au début du confinement

Au début, nos sorties quotidiennes pour souffler un peu s’annonçaient plutôt bien. Après quelques heures laborieuses à jongler entre le travail, l’école à la maison, les siestes, les couches, les (innombrables) repas et de nombreuses disputes, souvent virulentes, pouvoir enfin nous retrouver en plein air chaque après-midi était un immense soulagement.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide!

C’était le printemps. Nous observions la nature. Nous voyions les fleurs délicates du prunellier éclore sur fond de champs verts veloutés. Nous flânions, jour après jour, dans les nuées de pétales qui se détachaient et s’envolaient, flottant dans le soleil de l’après-midi comme des petits flocons de neige fragiles.

Nous parcourions la forêt qui se couvrait d’un superbe tapis de campanules violettes et parfumées, nous voyions les premières feuilles d’un vert éclatant sortir et obstruer le ciel. En nous promenant seuls en forêt par un chaud après-midi, nous avons surpris une biche solitaire en plein milieu du chemin. Nous nous sommes assis sur une colline ensoleillée parsemée de primevères autour desquelles dansaient les papillons. Je me sentais chanceuse d’avoir trouvé cette échappatoire, d’avoir trouvé le calme avec eux.

... Et puis après

Mais le confinement ne se résume pas à quelques semaines de balades enchantées. Ça a duré, et les enfants s’ennuyaient vite. Et puis j’avais besoin de me dégourdir vraiment les jambes. C’est comme ça que notre sortie quotidienne s’est transformée en quête du meilleur “fossé pour sauter”, mettant mes nerfs à rude épreuve.

Nous n’avons pas tardé à trouver le cratère. À ce stade, les garçons maîtrisaient le “saut de haie”, un trou dans un buisson d’aubépine sur un talus juste assez large pour qu’ils foncent à travers, sans toujours réussir à éviter l’énorme touffe d’orties de l’autre côté.

Une fois passé le premier choc d’avoir dévalé cette pente vertigineuse, le visage de Max s’est éclairé d’un plaisir fiévreux. J’ai fini par faire quelques vidéos de lui dégringolant la côte. “Il l’a fait plus d’une fois?” m’a demandé une amie stupéfaite. “Je crois que ça devait être la vingtième”, ai-je répondu. J’ai pris le silence qui s’en est suivi comme un signe clair de désapprobation.

Il paraît que “si les enfants sont contents, nous aussi”. Or les miens ne semblent jamais aussi heureux qu’en dévalant à toute vitesse des talus affreusement raides. Les garçons se défoulent pendant que je les observe avec des sueurs froides. Mais nous avons trouvé ce qui nous va (dans l’ensemble).

On s’inquiète beaucoup de savoir comment ce confinement aura marqué les enfants. J’y ai beaucoup pensé moi-même, avec angoisse. Mais, pour l’instant (en espérant que ça dure), le bilan n’est que de quelques bleus sur les jambes et des genoux écorchés pour les garçons, et des pieds endoloris avec quelques cheveux blancs en plus pour moi.

Ce blog, publié sur le HuffPost britannique, a été traduit par Valeriya Macogon pour Fast ForWord.

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