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Pourquoi les réunions "Zoom" nous épuisent-elles tant ?

logo de Gentside Gentside 09/02/2021 Mathilde Ragot
Image d'illustration - Un homme fatigué en visio. © Fournis par Gentside Image d'illustration - Un homme fatigué en visio.

Depuis le début de la crise sanitaire et l'enchaînement des différents couvre-feu / confinements, s’il y a bien une chose qui s’est démocratisée, c’est la visioconférence. Elle est devenue pour certains essentielle pour maintenir le lien social avec nos proches, autant que professionnel afin de pouvoir continuer nos activités loin des bureaux.

Une technologie certes salvatrice, mais qui a aussi des conséquences sur la santé de ses utilisateurs : de plus en plus souffrent de "Zoom fatigue", un sentiment d'épuisement mental face aux réunions virtuelles qui s'enchaînent, comme le décrit très bien un article de The Conversation publié en 2020. En effet, ces conversations nécessitent davantage d’énergie, développe la docteure en sciences cognitives Nawal Abboub à Franceinfo.

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L’importance du langage non-verbal

Gestes, postures, manifestations physiologiques... Ils sont autant d’indices dans une discussion vous permettant de comprendre au mieux les propos de votre interlocuteur. C’est ce qui s’appelle le langage non verbal. Or d’après la "règle des 3V", issue de travaux du professeur Albert Mehrabian publiés en 1967, 7 % de la communication générale serait liée au sens des mots utilisés, 38 % à l'intonation de la voix et 55 % aux expressions du visage.

Que ces chiffres soient exacts ou non, ils illustrent à quel point le langage corporel dans son ensemble est important lors d’un échange. Or lors d’une visioconférence, difficile de discerner les gestes de la personne en face. Le cerveau doit alors se concentrer sur les autres indicateurs précédemment cités... Mais ceux-ci sont aussi brouillés, car ils lui sont toujours restitués avec un léger décalage, appelé "désynchronie" par Nawal Abboub :

C'est un décalage qui se calcule peut-être en millisecondes. Mais c'est suffisant pour demander un effort supplémentaire au cerveau pour qu'il reconstruise la réalité, indique-t-elle à Franceinfo.
La réduction et la mauvaise qualité des signaux nous oblige[nt] à être plus attentifs pour suivre et prête[nt] à des moments de confusion dans la conversation, confirme la docteure en neurosciences Marie Lacroix au journal.

Un trop plein d’informations et de non-informations

La fluidité et le rythme de la discussion sont ainsi perturbés, d’autant que les prises de parole sont difficilement identifiables. Résultat ? Tout le monde se coupe. L’échange des regards, indispensable à l’attention, à la mémorisation et au lien, se voit lui aussi compliqué. Lors d’un "Zoom", chaque participant fixe son écran pour regarder les autres. S’il voulait s'adresser à eux dans les yeux, il devrait parler directement à la caméra et ainsi manquer les réactions de ses interlocuteurs.

Rajoutez à tout cela le fait qu’en télétravail, environnements personnel et professionnel ne font plus qu'un, vous êtes alors dans la crainte qu’un élément extérieur vienne perturber votre conversation de boulot. Le cerveau est en alerte constante. C’est ce que le National Geographic désigne comme "l’attention partielle continue"... et cela équivaudrait à lire un livre tout en cuisinant. Un véritable casse-tête nécessitant beaucoup de concentration et particulièrement épuisant.

Vous mettez votre cerveau en double tâche : vous vous concentrez à la fois sur la personne à qui vous parlez et sur vous. [...] Il y a beaucoup de sources de distraction et ça rend l'espace encore plus difficile pour se concentrer, explique Nawal Abboub.

Des conseils pour remédier à cette fatigue quotidienne

  • Faire des pauses loin des écrans ;
  • Fixer des créneaux de réunion plus courts ;
  • Éviter les réunions avec un trop grand nombre de personnes actives ;
  • Enlever la caméra une fois l’introduction passée, pour se concentrer sur les voix ;
  • Se reposer justement davantage sur la voix, amplifier les gestes du visage ;
  • Utiliser des technologies alternatives, en envoyant (quand cela est possible) plutôt des messages, en travaillant sur des documents partagés, etc.
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