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A la une - Affaires Maëlys et Arthur Noyer : un mystère nommé Nordahl Lelandais

logo de Le ParisienLe Parisien 24/12/2017 JEAN-MARC DUCOS
Le Parisien: En 2002, Nordahl Lelandais intègre le 132e bataillon cynophile. Cinq ans plus tard, ses chefs ne renouvellent pas son contrat,le jugeant « psychologiquement instable ». Il retournera quelques années après s’installer chez ses parents, avec ses chiens. © DR En 2002, Nordahl Lelandais intègre le 132e bataillon cynophile. Cinq ans plus tard, ses chefs ne renouvellent pas son contrat,le jugeant « psychologiquement instable ». Il retournera quelques années après s’installer chez ses parents, avec ses chiens.

Nordahl : prénom scandinave étrange pour un homme né en 1983 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Son frère aîné se prénomme Sven. Ils n'ont aucune origine nordique. Mais leur père travaillait pour une entreprise finlandaise et a eu l'idée de ces prénoms. Nordahl a donc connu le mystère presque dès son baptême. Et il l'a cultivé depuis.

A 34 ans, celui qui est soupçonné de l'enlèvement et du meurtre de Maëlys de Araujo, 9 ans, dans la région de Pont-de-Beauvoisin (Isère), et de l'assassinat du caporal Arthur Noyer, 23 ans, dans les environs de Chambéry (Savoie), reste une énigme. Un homme ambivalent, volontiers « aimable », « un peu vantard ». Mais aussi une personnalité codée dont les enquêteurs n'ont pas trouvé la clé. « Une muraille inaccessible », concède un magistrat.

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Nordahl a toujours aimé les chiens. Il rêvait aussi d'uniforme. Au 132e bataillon cynophile basé à Suippes (Marne), il exauce ces deux vœux. C'est en 2002, après une scolarité médiocre, qu'il s'engage comme volontaire dans cette unité. Un régiment prestigieux qui dispose du plus grand chenil militaire d'Europe et fournit en chiens de guerre toutes les unités françaises.

Missions d'intérim, deal et tentative de braquage

« Nous formions les futurs stagiaires au centre cynotechnique », se souvient Christian Deuwel, l'ancien chef de corps du régiment qui partait souvent en opérations extérieures. Nordahl suit le cursus initial et devient maître-chien. L'année suivante, il gagne ses galons de caporal. Il est affecté à des missions de garde. « Quand il revenait en Savoie, il était fier de montrer ses photos avec ses chiens. Il en faisait ce qu'il en voulait. Il avait un don », se souvient un proche.

Pourtant, en 2007, ses chefs estiment qu'il « ne parvient plus à progresser ». Son contrat n'est pas renouvelé pour « raisons disciplinaires » et il est considéré comme « psychologiquement instable ». Il aurait échoué à plusieurs tests de base pour obtenir une spécialité technique cynophile. Sa toxicomanie est aussi évoquée.

Privé de l'uniforme, il vit alors de missions d'intérim comme chauffeur-livreur, fait un peu de « deal », sans jamais être condamné. Il n'arrive pas non plus à se fixer sur le plan sentimental. En octobre 2008, Nordahl et deux autres comparses tentent de cambrioler le snack-bar la Plage à Paladru (Isère). Ils incendient aussi des voitures sur le parking. Il est vite identifié et reconnaît les faits. Condamné en avril 2009 à trente mois de prison dont douze ferme, il évite l'incarcération et reste placé sous bracelet électronique.

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Il bichonne ses chiens et sa voiture

Sans emploi fixe, il tente de se refaire et monte une petite affaire d'élevage et de dressage canin. Une entreprise liquidée en moins d'un an. Il retourne vivre chez ses parents, des retraités, à Domessin (Savoie), son terroir, son refuge, là où toute la famille avait déménagé peu de temps après la naissance de Nordahl.

Il est auprès de sa mère, une femme à la forte personnalité, qui « régente » la famille. « Elle a toujours protégé son fils contre tout, même contre ses camarades de classe. Il ne fallait pas y toucher, à son fils. C'était sa chose. Elle nous punissait si on y touchait. Je me souviens d'un match de foot entre gamins au cours duquel elle avait reproché à un joueur de trop le serrer. Elle le couvait », se souvient ce père de famille, ex-camarade de collège du Guillon à Pont-de-Beauvoisin.

Chez ses parents, Nordahl s'occupe de ses chiens, de son Audi A3 qu'il bichonne. Il déprime aussi, comme en atteste un séjour en psy dans un hôpital de Chambéry en 2010. Il se lance alors dans le culte du corps. Musculation et surtout boxe. Dans la salle de boxe de Challes-les-Eaux, près de Chambéry, un ancien dirigeant se souvient « d'un type pas sain ». « Il faisait toujours des allusions poisseuses. Il exhibait des vidéos salaces. On le sentait attiré par le sexe, par les filles et les garçons aussi. Je lui ai demandé de partir. »

Peu d'autres témoins acceptent de parler de Nordahl Lelandais. Ses parents et son frère se sont murés dans le silence. Sa mère le soutient toujours. Elle a juste interrompu ses visites au parloir pendant deux semaines pour soigner une jambe blessée dans un accident de la circulation. Et dans la maison familiale, les deux bergers malinois veillent toujours. En attendant leur maître.

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