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Réforme des retraites: le patron de la CFDT Laurent Berger sur le point de lâcher Macron?

logo de Challenges Challenges 21/11/2019 Marion Perroud
Laurent Berger © E. Ruiz/Nurphoto/AFP Laurent Berger

Le leader de la CFDT a avertit le gouvernement ce jeudi: "si le gouvernement veut s'en tenir à une réforme paramétrique, la CFDT s'y opposerait". Coup dur pour le gouvernement à quelques jours de la grève du 5 décembre

C'est un rappel à l'ordre qui sonne comme un avertissement. Laurent Berger a difficilement caché son agacement vis-à-vis de la position de l'exécutif sur la réforme des retraites, ce jeudi 21 novembre. "Le gouvernement doit sortir de la contradiction et faire oeuvre de clarté. Veut-t-il faire une réforme budgétaire ou une réforme de justice sociale? Cette cacophonie suscite des tensions", a lancé le leader de la CFDT, avant d'ajouter sèchement: "s'il veut s'en tenir à une réforme paramétrique (âge pivot, allongement des cotisations..., NDLR), la CFDT s'y opposera".

Une mauvaise nouvelle de plus pour Emmanuel Macron à quelques jours de la grève reconductible à partir du 5 décembre qui s'annonce d'ores et déjà très suivie à la SNCF, RATP ou encore dans les rangs de l'Education nationale. Mais une nouvelle d'importance: la CFDT, à commencer par Laurent Berger, représente l'un des seuls pour ne pas dire l'unique soutien syndical à l'instauration d'un système universel de retraites par points. "Depuis le congrès de Tours en 2010, la CFDT milite pour une réforme systémique des retraites, a d'ailleurs rappelé Laurent Berger. Mais à la seule condition qu'elle soit juste et déconnectée d'éléments paramétriques comme Emmanuel Macron l'avait promis dans son programme." Glissant au passage quelques revendications de longue date de l'organisation: instauration d'un minimum de pension égal à 100% du SMIC pour une carrière complète, mesure de compensation de la pénibilité du travail, convergence des régimes publics et privés... 

"L'équilibre budgétaire est une construction politique"

Le message est clair: le leader de la CFDT ne soutiendra pas une réforme au rabais qui se focaliserait uniquement sur des économies budgétaires, comme le laissent sous-entendre plusieurs membres du gouvernement ces dernières semaines. "L'équilibre budgétaire du futur régime est une construction politique pour justifier des mesures d'allongement de la durée du travail. Cette construction, nous la réfutons", tâcle vivement Laurent Berger dans une réponse sans ambages aux propos d'Edouard Philippe qui répétait encore ce jeudi sur France Inter qu'"il faut dire aux Français, clairement, tranquillement, qu’on va travailler plus longtemps, c’est ce qui semble se dessiner".

Quid du déficit du système de retraites évalué à entre 8 à 17 milliards en 2025 selon les dernières estimations du Conseil d'orientation des retraites? "La baisse des ressources du système s'explique par la réduction du nombre de fonctionnaires ou encore par la non compensation à la CNAV [Caisse nationale d'assurance retraite, ndlr] des exonérations des heures supplémentaires décidées par le gouvernement. A lui d'en assumer la responsabilité."

Pour autant, le leader de la CFDT continuera à participer aux bilatérales avec le gouvernement et n'appellera pas ses militants à manifester à l'échelle nationale le 5 décembre, même si la CFDT-Cheminots vient d'annoncer le dépôt d'un préavis de grève. "La CFDT-Cheminots a déposé ce préavis pour faire entendre sa voix dans le rapport de force. Elle soutient la réforme systémique mais entend peser sur les discussions sectorielles. Et l'a fait en totale cohérence avec la confédération. A l'échelon confédéral, nous ne sommes pas opposés à participer à un front syndical mais à condition que ce ne soit pas contre la réforme systémique des retraites", a justifié le leader de la CFDT en s'affirmant en faveur de l'instauration d'une clause du grand-père pour les cheminots (qui supprimerait le régime spécial seulement pour les nouveaux employés). L'ambiguïté ne semble visiblement pas contaminer que les membres du gouvernement.

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