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Maladies des reins: 5 causes qui augmentent le risque chez les femmes

logo de Medisite Medisite 09/03/2018 Medisite

Insuffisance rénale, calculs rénaux, pyélonéphrite… Les maladies rénales affectent les hommes et les femmes, mais possèdent des spécificités chez ces dernières. Medisite fait le point sur la santé du rein chez les femmes, thématique de la semaine du Rein qui se tient du 3 au 10 mars 2018.

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Un urètre plus court chez les femmes que chez les hommes

Si les femmes sont moins nombreuses que les hommes à souffrir d’insuffisance rénale chronique (40% de femmes contre 60% d’hommes parmi les malades) et si les deux sexes possèdent les mêmes symptômes de maladies rénales (œdèmes, urines qui moussent indiquant une présence d’albumine, hypertension artérielle et pâleur indiquant une anémie), les femmes présentent des facteurs de risque spécifiques. 

Une des premières spécificités est anatomique : "L’urètre (le canal qui conduit l’urine de la vessie vers l’extérieur du corps, via le méat urinaire, ndlr) est plus court chez la femme que chez l’homme. Cette caractéristique rend les femmes plus sujettes aux infections urinaires qui augmentent elles-mêmes le risque d’infection et de maladies rénales" décrit la docteure Brigitte Lantz, néphrologue et secrétaire générale de la Fondation du Rein.

Et ce risque existe dès le plus jeune âge : "Même en France, 85% des toilettes dans les écoles sont considérées insalubres. Les petites filles sont nombreuses à adopter la mauvaise habitude de se retenir de boire et d’uriner pendant la journée et développent des infections urinaires en conséquence. Les garçons, quant à eux, sont protégés par leur anatomie qui leur offre un urètre plus long" souligne la docteure Isabelle Tostivint, néphrologue.

Comment éviter les infections urinaires ? "Il faut tout d’abord apprendre aux petites filles à s’essuyer d’avant en arrière quand elles sont aux toilettes pour éviter la colonisation des bactéries du côlon vers l’urètre, une contamination à l’origine des infections" répond Isabelle Tostivint. "Les femmes doivent également boire plus d’eau, prêter attention aux signes d’alerte des infections urinaires et penser à uriner dans les trois à cinq minutes qui suivent un rapport sexuel pour chasser les éventuelles bactéries qui se trouveraient à l’entrée de l’urètre" ajoute la néphrologue.

Attention : "Beaucoup de femmes se sentent sales quand elles ont une infection urinaire. C’est faux, et au contraire il faut respecter les bactéries urétrales, vaginales et vulvaires qui constituent notre microbiote et ne pas céder à un excès d’hygiène qui pourrait aggraver la situation. C’est pourquoi il est notamment déconseillé d’utiliser de savon à pH neutre pour réaliser la toilette intime" rappelle la docteure Tostivint.

Grossesse : un risque multiplié par 6 pour les reins

"Une femme enceinte voit son risque de maladie rénale multiplié par un facteur cinq ou six" alerte la docteure Tostivint. Pendant la grossesse, les femmes sont ainsi plus à risque de développer une toxémie gravidique (ou pré-éclampsie) qui atteint les reins de façon transitoire, une pyélonéphrite mais aussi une septicémie (infection du sang) à départ urinaire. Par ailleurs, "une maladie rénale chronique peut s’aggraver pendant la grossesse, et ce parfois de manière irréversible" révèle le professeur Maurice Laville, néphrologue et président de la Fondation du Rein.

Bon à savoir : "Pendant la grossesse, l’utérus comprime davantage l’uretère droit que l’uretère gauche. Le risque de pyélonéphrite du rein droit est donc plus élevé que pour le rein gauche" détaille Isabelle Tostivint.

Même l’accouchement représente un risque pour le rein. En effet, "en cas d’hémorragie de la délivrance, la femme souffre d’un important saignement après le travail. Les vaisseaux des reins se contractent alors, ce qui occasionne une nécrose des tissus du rein ou des tubules rénaux" décrit la néphrologue. Cette atteinte correspond à une insuffisance rénale et la femme qui en est victime devra avoir recours à des dialyses.

Quel suivi rénal pendant une grossesse ? "Il est important de tester les taux d’albumine et d’acide urique dans les urines dès le début de la grossesse. En cas de résultats anormaux, d’antécédents de maladies rénales et/ou de pression artérielle élevée, le médecin recommandera à sa patiente un suivi particulier avec un dosage régulier de la créatinine" détaille Isabelle Tostivint.

La ménopause, une période à risque pour les reins

"A la ménopause, de nombreuses femmes prennent du poids et se tournent vers des compléments alimentaires pour retrouver la ligne. Attention, cette pratique comporte des risques, car la prise répétée de compléments alimentaires peut générer une réaction inflammatoire au niveau du rein, ce qui conduira à une défaillance de cet organe" alerte la docteure Tostivint.

Attention notamment aux compléments alimentaires vendus sur internet, car leur composition n’est pas toujours fiable et vérifiée.

Reins et automédication : attention, danger

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Les compléments alimentaires ne sont pas les seuls comprimés qui représentent un danger pour les reins. De manière générale, tous les compléments ou médicaments pris en automédication augmentent le risque de maladies rénales. Or, comme le dévoilait un rapport du Conseil de l’Europe en 2015, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir recours à l’automédication.

Exemple : Les pyélonéphrites, fréquentes chez les femmes jeunes, peuvent se manifester par des douleurs au dos. "La prise d’anti-inflammatoires contre le mal de dos en automédication risque d’aggraver la situation plutôt que de la soulager, et de faire progresser les calculs rénaux" déplore la docteure Tostivint.

De même, des antibiotiques non adaptés pris pour soulager une infection urinaire entretiennent le problème plutôt que de le résoudre "puisqu’ils éliminent les bonnes bactéries au profit des bactéries responsables de l’infection comme Escherichia coli ou Proteus mirabilis" ajoute la spécialiste.

Naturel = sans danger ? La réponse est non. "Ce n’est pas parce que des compléments sont fabriqués à base de plantes qu’ils sont forcément bons pour la santé et sans danger pour les reins" alerte la néphrologue. "Même la vitamine C consommée en grande quantité en hiver ne doit pas être prise à la légère : l’acide ascorbique de la vitamine C produit de l’acide oxalique dans l’organisme, un composé délétère pour les reins qui risque d’aggraver à petit feu une fonction rénale déjà endommagée" déplore la médecin.

Reins et maladies génétiques

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Certaines maladies liées aux chromosomes sexuels affectent les reins.

C’est par exemple le cas du lupus, une maladie auto-immune qui touche 10 fois plus de femmes que d’hommes selon le portail des maladies rares Orphanet.

La docteure Brigitte Lantz, néphrologue et secrétaire générale de la Fondation du Rein, nous confie son témoignage : "J’ai un lupus et j’ai eu une pyélonéphrite à Proteus mirabilis. J’ai été dialysée, j’ai eu un traitement à l’Endoxan® (de la ciclophosphamide) qui guérit le lupus mais qui cause une stérilité. Résultat : à 28 ans j’ai eu une ménopause précoce, je n’ai pas pu avoir d’enfant car il était impossible à l’époque d’avoir un projet de grossesse en ayant une dialyse. En somme, je suis née trop tôt pour recevoir les bons traitements. Aujourd’hui on peut s’en sortir et on peut faire une dialyse tout en ayant un projet de grossesse, notamment grâce aux dialyses quotidiennes qui augmentent les chances que le bébé survive. Je n’ai par ailleurs pas pu adopter, mon dossier ayant été refusé puisque que je souffrais d’une maladie chronique. J’ai depuis participé à faire réformer cette loi concernant l’adoption et, quand je m’en suis sortie, je suis devenue néphrologue."

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