Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Algérie-France: pourquoi ce match est-il si difficile à organiser depuis plusieurs années?

logo de RMC Sport RMC Sport 10/09/2019 QM

L’organisation d’un match entre la France et l’Algérie, depuis la première rencontre interrompue en octobre 2001 entre les deux pays, est contrariée pour des motifs historiques et diplomatiques. Président de la FFF, Noël Le Graët espère mettre fin à cette attente en octobre 2020.

France-Algérie du 6 octobre 2001 © @AFP France-Algérie du 6 octobre 2001

Une plaie difficile à refermer

La question de la mémoire entre la France et l’Algérie en toile de fond, les tensions entre les deux nations réapparaissent par instants au fil des années. Les trois derniers chefs d’Etat français ont pointé, chacun à leur manière, la responsabilité française dans la guerre et la colonisation, dénonçant tour à tour, une France qui "manquait à ses valeurs universelles" pour François Hollande, et un système colonial "profondément injuste", pour son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

Emmanuel Macron était allé encore plus loin en février 2017, à Alger, lorsqu’il avait qualifié la colonisation de "crime contre l’humanité". Ses propos avaient scandalisé à droite où Bruno Retailleau avait parlé d’une "faute politique". Mais l’intention du chef de l’Etat était dirigée vers la jeunesse algérienne. Il y aurait en France entre 5 à 6 millions de Français issus de l’immigration et de pieds-noirs, c’est-à-dire des Français d’ascendance européenne établis en Algérie jusqu’à l’indépendance. 

Le souvenir amer du 6 octobre 2001

La relation entre la France et l’Algérie est marquée par une grande charge émotionnelle et symbolique. La Guerre d’Algérie est passée par là. Le 6 octobre 2001, le premier France-Algérie de l’histoire n’ira pas à son terme. Trois ans après le titre de 1998 et la célébration du mythe de la France "Black-blanc-beur", la Marseillaise est copieusement sifflée et le terrain envahi par des vagues successives de jeunes spectateurs dans le dernier quart d’heure de ce match.

Alors que la France menait 4-1, l’arbitre décide finalement d’interrompre la rencontre, estimant après avoir consulté Roger Lemerre, que le match ne pouvait reprendre dans un tel contexte d’animosité. Jamais plus un match ne sera organisé entre les deux équipes, pour des questions relatives à la sécurité notamment. Le sujet est bien installé dans le débat public en France. Et il a resurgi lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019.

La sécurité avant tout

Les mouvements de joie constatés dans des villes de France après les victoires de l’Algérie ont montré combien la symbiose entre les Fennecs et les Franco-algériens de France était forte. "Chaque victoire de la sélection stimule leur fierté et sert de réservoir de compensation émotionnelle à toutes les frustrations vécues sur les deux rives de la Méditerranée", écrivait le sociologue Azouz Begag dans une tribune au Monde avant la finale de la CAN.  

Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football ne transigera pas avec la sécurité de ses ressortissants. Il entend bien cependant se rendre en Algérie dans les meilleurs délais "pour voir où on joue et dans quelles conditions", alors qu'un match amical en Algérie se dessine pour 2020. Depuis qu’il est en poste, Noël le Graët s’est souvent prononcé en faveur de la tenue d’un match entre les deux équipes. Reste que les conditions n’ont jamais été réunies. Un pas décisif a peut-être été franchi ces derniers jours. 



AUSSI SUR MSN : France-Algérie : retour en images sur une longue histoire tourmentée

Relire la vidéo

Publicité
Publicité

Plus d'info: RMC Sport

Publicité
Publicité
Publicité
image beaconimage beaconimage beacon