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Changer d’entraîneur ne servirait à rien !

logo de Sports.fr Sports.fr 03/03/2021 Yannick Sagorin
Les entraîneurs ont-ils une vraie responsabilité sur le classement actuel de la L1 ? © Fournis par Sports.fr Les entraîneurs ont-ils une vraie responsabilité sur le classement actuel de la L1 ? L’étude a déjà été menée par le passé de l’autre côté de la Manche, ses résultats sont confortés par les analyses menées par les économistes du sport français Luc Arrondel, Richard Duhautois et Cédric Zimmer. Sur les 20 années de Ligue 1 passées au crible par le trio, de 1998 à 2018, rien ne permet d’affirmer qu’un changement d’entraîneur a une quelconque influence sur les résultats d’une équipe. Un constat quelque peu désolant… Cette saison en L1, huit clubs ont déjà éprouvé plusieurs coaches sur leur banc – et certains plutôt deux fois qu’une ! A Metz (Vincent Hognon puis Frédéric Antonetti), à Dijon (Stéphane Jobard puis David Linarès), à Nice (Patrick Vieira puis Adrian Ursea), à Nantes (Christian Gourcuff puis Patrick Collot puis Raymond Domenech puis Antoine Kombouaré), à Paris (Thomas Tuchel puis Mauricio Pochettino), à Marseille (André Villas-Boas puis Nasser Larguet puis Jorge Sampaoli), à Nîmes (Jérôme Arpinon puis Pascal Plancque) et à Rennes (Julien Stéphan puis Phillipe Bizeul, en attendant l’arrivée d’un autre stratège), l’on aura donc tenté le fameux coup de l’électrochoc. En vain a priori. « Dans le football, analyser le "leadership" revient à étudier l'impact d'un entraîneur sur les résultats. Et une manière de tester son importance - ou pas - consiste à mesurer l'effet d'un changement sur le banc en cours de saison. Conclusion: il y a un relatif consensus académique pour dire que le changement d'entraîneur n'a que peu d'impact sur les résultats de l'équipe, sauf peut-être à court terme. Ce que confirme notre étude sur la L1, souffle relayé par France Info Luc Arrondel, qui officie au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Notre analyse montre qu'il pourrait y avoir une amélioration des résultats à court terme après le changement de coach (disons les cinq matches qui suivent le licenciement) mais uniquement à domicile. » Le salaire des joueurs prime sur l’entraîneur Ce rebond - tout relatif – observé, les chercheurs l’imputent à deux facteurs, essentiellement: « Il est plus facile de grimper au classement après des mauvais résultats (quand on a touché le fond, on ne peut que remonter) et le problème de "causalité inverse": ce sont les équipes en difficulté qui licencient leur entraîneur. » Mais encore: « L'amélioration des résultats à domicile pourrait s'expliquer plutôt par la pression exercée par les supporters sur leur équipe que par les différences de compétences entre l'ancien et le nouvel entraîneur. » Aussi les Britanniques Simon Kuper et Stefan Symanski – pionniers dans l’étude de la question - se veulent-ils sévères dans leur jugement du métier d’entraîneur, comme le rappelle Luc Arrondel: « Kuper et Szymanski affirment effectivement de manière provocatrice que les entraîneurs "apportent si peu de choses qu'ils pourraient être aussi bien remplacés par des secrétaires, ou par le président, voire un ours en peluche, sans que cela ne change le classement du club...". » Selon ces deux derniers économistes, seule compte "l'efficience du marché du travail des joueurs" « qui veut que les salaires des footballeurs expliquent la plus grande partie des résultats de l'équipe ». Triste mais implacable. Lire aussi: Eyraud, les ultimes révélations étonnantes Mbappé, c’est nettement plus cher que Haaland Les têtes interdites à l’entraînement ?
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