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OL-Benfica : Comment « la guerrière » Ada Hegerberg a-t-elle pu traverser ces 21 mois loin du football ?

logo de 20 Minutes 20 Minutes 14/10/2021 Jérémy Laugier

Eloignée des terrains depuis janvier 2020, en raison de deux graves blessures, l’attaquante lyonnaise de 26 ans vient de signer son retour. Elle pourrait retrouver le Parc OL ce jeudi (21 heures) contre Benfica

Ada Hegerberg, ici la semaine passée à Göteborg (Suède), avant de disputer ses premières minutes de footballeuse professionnelle depuis janvier 2020. © ADAM IHSE / AFP Ada Hegerberg, ici la semaine passée à Göteborg (Suède), avant de disputer ses premières minutes de footballeuse professionnelle depuis janvier 2020. FOOTBALL FEMININ - Eloignée des terrains depuis janvier 2020, en raison de deux graves blessures, l’attaquante lyonnaise de 26 ans vient de signer son retour. Elle pourrait retrouver le Parc OL ce jeudi (21 heures) contre Benfica

Il y avait eu les larmes de joie de Reggio Emilia (Italie) en 2016. Cinq ans plus tard, il faut ajouter celles de Göteborg (Suède) aux émotions fortes vécues par Ada Hegerberg sous le maillot lyonnais. Après tout, un retour à la compétition après 21 mois de blessures, de galères et de doutes, ça vaut bien une première Ligue des champions remportée à 20 ans, non ? Durant une douzaine de minutes de ce match européen, le 5 octobre contre le BK Häcken (0-3), la Ballon d'or a enfin pu retrouver sa passion. Et les 13 supporteurs des OL Ang’Elles présents ont vibré, de son premier sprint à son émotion finale au moment de venir les remercier après la rencontre.

« On l’a sentie transfigurée par rapport à la Ada qui évitait de venir nous voir pendant sa longue blessure, indique Willy Pasche, des OL Ang’Elles. Là, elle s’est d’emblée comportée en patronne et elle courait et taclait de partout à son entrée en jeu, c’était la Ada d’avant. » Le groupe de supporteurs de l’OL féminin a préparé une banderole, en vue du match contre Benfica ce jeudi (21 heures), pour saluer le retour au Parc OL de l’attaquante norvégienne. Les fans lyonnais ont parfois redouté le pire, depuis ce 28 janvier 2020, jour d’annonce de la rupture du ligament croisé antérieur de son genou droit. « Son retour est vraiment un grand soulagement pour tout le monde ici, car le bruit d’une possible fin de carrière a longtemps circulé », explique Willy Pasche.

« C’est comme si on lui avait coupé son oxygène »

La nouvelle aurait été terrible, à 26 ans, tout comme cela a déjà pu être le cas à l’OL pour l’ancien prometteur milieu de terrain Gueïda Fofana, jugé « inapte à la pratique du football », à seulement 25 ans, après une ostéonécrose de la cheville droite. « Elle était tout en haut, Ballon d'or 2018, elle restait sur une finale de Ligue des champions incroyable [un triplé contre le Barça en mai 2019], rappelle son ex-coéquipière et toujours amie  Corine Petit. Et là, elle a forcément été traversée par de grands doutes, même si c’est une battante et qu’elle savait qu’elle rebondirait. C’est surtout dur quand on se fixe dans le viseur des dates importantes de retour, comme le Final 8 de C1 de l’été 2020, et qu’il y a alors une rechute. »

« Elle a traversé une période avec des bas qui sont descendus très bas », a ainsi précisé la coach de l’OL Sonia Bompastor, juste après le match contre Häcken. Le premier entraîneur de l’attaquante norvégienne à l’OL (de 2014 à 2017), Gérard Prêcheur, essaie de comprendre ce qu’elle a pu traverser, tout comme sa coéquipière Griedge Mbock (18 mois d’absence après une rupture du tendon d’Achille gauche qui a nécessité deux opérations).

Il lui est arrivé ce qui peut arriver de pire à un athlète de haut niveau. Six mois d’absence après des croisés, c’est déjà excessivement long. Mais là, avec cette fracture de fatigue au tibia ensuite, c’est une épreuve incroyable que je n’ose imaginer. C’est comme si on lui avait coupé son oxygène pendant tout ce temps. »

Cinq jours de repos nécessaires, « émotionnellement et physiquement »

Cet oxygène, Ada Hegerberg l’a en partie retrouvé la semaine passée en Suède. « Le monde du football m’avait beaucoup manqué, a reconnu l’intéressée dans une interview pour le site 90 Minutes. Quand je suis entrée en jeu, j’ai senti comme un immense sentiment de bienvenue chaleureux de la part de tout le monde. Il y a encore beaucoup de travail acharné qui m’attend. Mais être de nouveau footballeuse est une joie pour moi, j’essaie de simplement m’amuser. » Le club lyonnais, qui considère qu’il est « encore trop tôt » pour commenter en détail le retour à la compétition de sa phénoménale buteuse (220 buts en 183 matchs avec l’OL), met évidemment en place une gestion particulière la concernant.

Sonia Bompastor a ainsi expliqué mercredi qu’Ada Hegerberg avait eu droit à cinq jours de repos après le match à Göteborg car « elle en avait besoin, émotionnellement et physiquement ». Durant cette absence interminable de 625 jours, l’OL a certes ajouté à son palmarès une D1 (écourtée) et une 7e Ligue des champions en 2020, mais il a surtout vécu sa première saison sans titre depuis 15 ans. Tout sauf un hasard à en croire les supporteurs lyonnais, qui ont vu une équipe peiner à se trouver une avant-centre efficace. « Malgré nous, on en veut parfois un peu aux joueuses qui remplacent Ada, tout simplement car elles ne sont pas Ada », résume Willy Pasche.

« Déjà qu’en temps normal, c’est une winneuse hors pair… »

Justement, que faut-il attendre de la meilleure buteuse de l’histoire de la Ligue des champions, qui avait prolongé en décembre 2020, en pleine convalescence, son contrat avec l’OL jusqu’en 2024 ? « Ada est encore jeune, elle est très travailleuse et elle a une hygiène de vie parfaite, insiste Corine Petit. Elle aura peut-être un jeu différent mais elle va redevenir une très grande joueuse. » Gérard Prêcheur assure lui aussi « ne pas être plus inquiet que ça » concernant cette reprise.

« Sa longue période de souffrance, associée à ses qualités mentales et à cette abnégation que je lui connais, ça enlève selon moi les doutes qui pourraient en temps normal accompagner un tel retour, confie l’ancien entraîneur lyonnais. Déjà qu’en temps normal, c’est une winneuse hors pair, une guerrière avec une telle rage en elle, alors là je n’ose même pas imaginer… » Tout Lyon a hâte de découvrir la quasi-deuxième carrière de cette « battante » à l'emblématique tresse blonde.

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