Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Tour de France reporté : ce col de la Loze, c’est du jamais-vu

logo de Le ParisienLe Parisien 16/07/2020 Eric Michel, envoyé spécial à Méribel (Savoie)
Le Parisien © LP/Eric Michel Le Parisien

Il y a encore dix-huit mois, il n'y avait rien. La route ressemblait à celles qu'empruntaient les pionniers du Tour il y a 100 ans : un sentier de pierres et de cailloux avec la poussière en prime. « C'était un chemin pour alimenter le téléphérique et c'est tout », raconte Franck, un guide de montagne.

La route menant vers le sommet du col de la Loze à 2304 m d'altitude — la plus haute altitude fréquentée cette année par les coureurs — n'a été goudronnée qu'au printemps 2019. Sur les derniers kilomètres, aucun véhicule n'est autorisé : seuls les vélos ont droit de passage. A condition toutefois que leurs propriétaires puissent grimper jusque-là.

LIRE AUSSI > Tour de France reporté : cet étrange vestige des Jeux olympiques de 1968

L'ascension longue de 21,5 km, qui joue aux montagnes russes, offre une pente moyenne à 8 % avec des murs réguliers à 20 % et plus. Le commun des mortels doit mettre pied à terre pour franchir l'obstacle : « Il est violent parce qu'il ne permet pas de plage de repos. On croit que c'est fini et ça remonte de plus bel. Il est plus dur que le Ventoux pour moi », soupire Christophe un cyclo arrivé au sommet.

«Un cadeau de Noël tombé du ciel»

Le Tour de France devait découvrir ce col inédit ce mercredi pour la 17e étape entre Grenoble et Méribel. La Grande Boucle le gravira finalement le 16 septembre et ceux qui l'ont déniché espèrent l'imposer au menu des futurs tracés. « C'est un cadeau de Noël tombé du ciel, savoure le directeur du Tour Christian Prudhomme. Vous passez de 10 à 20 % de pente d'un coup, ça tourne dans tous les sens, ça monte, ça descend. Pour moi, c'est du jamais-vu. Ce col est unique et on verra vite s'il deviendra un classique du Tour mais j'en ai bien l'impression. »

Pour l'instant seuls les participants au Tour de l'Avenir l'ont pratiqué en course officielle. Coureur d'AG2R La Mondiale, Clément Champoussin a fini troisième là-haut : « C'est un col vraiment difficile. Dès qu'on a passé l'altiport de Méribel, la pente devient rapidement très raide. Les difficultés s'enchaînent et le final à une altitude plutôt élevée pour faire du vélo rajoute de la difficulté en termes de souffle. C'est vraiment très intense. »

«L'étape produira de gros écarts»

Pour la petite histoire, c'est Bernard Hinault suiveur du Tour de l'Avenir qui, en découvrant ce monstre, a passé un coup de fil à Prudhomme pour lui conseiller d'intégrer la Loze au menu du Tour : « Au début de l'ascension, on est déjà à 10 % de pente, se souvient Clément Champoussin. Les quatre derniers kilomètres, sur une piste de ski en zigzag, sont étouffants avec une pointe à 20 % sur les 500 derniers mètres. Pour nous, l'étape ne faisait que 23 km. Mais les gars du Tour auront déjà eu un menu plus copieux avant de monter. »

Clément Champoussin est un des rares à avoir monté le Col de la Loze en compétition : c’était pour le Tour de l’Avenir en 2019./DR/Yves Perret © Fournis par Le Parisien Clément Champoussin est un des rares à avoir monté le Col de la Loze en compétition : c’était pour le Tour de l’Avenir en 2019./DR/Yves Perret

Effectivement Pinot, Bardet et Alaphilippe se seront échauffés au col de la Madeleine avant d'enchaîner avec la Loze au terme de 170 km d'effort. « Un col n'est jamais dur quand on le monte tranquillement, admire Bernard Thévenet le double vainqueur du Tour (1975-1977) en découvrant l'endroit. Là évidemment, ce ne sera pas le cas. J'ignore encore si cette montée sera décisive mais elle fera des écarts et des gros. Elle vaudra le coup, c'est sûr et certain. »

Publicité
Publicité

Plus d'info: Le Parisien

Publicité
Publicité
Publicité
image beaconimage beaconimage beacon