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Madagascar: fin de la campagne de vaccination contre la rougeole

logo de RFI RFI 25/05/2022 RFI
Entrée d'un CSB II (Centre de Santé de Base) en zone rurale, sur les Hauts Plateaux au centre de l'île. A Madagascar, la vaccination est gratuite pour les enfants dans les 2600 centres de santé de base que compte le pays. © RFI / Sarah Tétaud Entrée d'un CSB II (Centre de Santé de Base) en zone rurale, sur les Hauts Plateaux au centre de l'île. A Madagascar, la vaccination est gratuite pour les enfants dans les 2600 centres de santé de base que compte le pays.

Sept jours pour vacciner plus de 4 millions d’enfants. À Madagascar, la campagne de vaccination massive contre la rougeole vient de s’achever. Il s’agissait de proposer au maximum de parents d’administrer une dose de vaccin à leurs enfants âgés entre 9 mois et 5 ans. Une vaccination de routine mais aussi dite « de rattrapage » pour combler le retard enregistré ces deux dernières années, du fait de la pandémie.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Dans son village de la commune rurale de Mahitsy, Vonjy, couturière, avait été informée par les agents communautaires de la campagne imminente de vaccination contre la rougeole. Alors, il y a 5 jours, elle a marché une heure et demie avec son enfant de 11 mois sur le dos pour se rendre au centre de santé de base le plus proche de chez elle. « J’ai fait vacciner mon bébé et désormais, je n’hésiterai pas à retourner là-bas pour qu’il reçoive sa deuxième dose gratuite de rappel. Parce que je veux qu’il soit en bonne santé », explique-t-elle.

Les autorités sanitaires veulent à tout prix éviter de revivre l’épidémie meurtrière de rougeole de 2018, où plus de 1 100 décès avaient été recensés, essentiellement des enfants non vaccinés. Pour toucher au maximum le public cible, le personnel de santé en zone rurale est prié de faire du porte à porte pour sensibiliser les familles à la vaccination, à l’instar de Nana, cheffe d’un dispensaire très isolé, qui a arpenté toute la semaine les collines environnantes, sa glacière en bandoulière.

Défiance 

« Pendant la campagne, je me suis encore heurtée à des parents qui ne veulent pas vacciner leurs enfants. Principalement pour deux raisons. Premièrement, ils croient qu’on inocule des maladies à leurs enfants à travers ce vaccin. C’est ce qu’on continue d’entendre beaucoup en brousse. Et la deuxième – ça, c’est nouveau – les parents nous suspectent de mentir. Ils pensent qu’au lieu d’utiliser des vaccins antirougeoleux, on administre des vaccins anti-Covid », estime-t-il.

Face à ces refus, la responsable du centre de santé estime que seulement 80% de la cible de son secteur a été vaccinée, contre les 95% espérés. Le ministère de la Santé, de son côté, a commencé la collecte de données sur tout le territoire pour connaître l’impact de cette campagne. Et les réticences, encore fortes en zone rurale, restent un enjeu majeur pour les autorités sanitaires qui confirment par ailleurs être extrêmement vigilantes face à l’apparition de nouveaux cas de rougeole enregistrés ces dernières semaines.

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