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Mali: les détails du plan d'action de Choguel Maïga

logo de RFI RFI 31/07/2021 David Baché
Le Premier ministre malien Choguel Maïga, ici le 6 juin 2021. © RFI Le Premier ministre malien Choguel Maïga, ici le 6 juin 2021.

Relecture de l’accord de paix, renforcement des forces armées, élections transparentes : au Mali, le Premier ministre de la Transition Choguel Maïga a présenté son plan d’action gouvernementale ce vendredi 30 juillet devant le Conseil national de transition (CNT). Relecture de l’accord de paix, renforcement des forces armées, élections transparentes : ce qu’il faut retenir de ce plan d’action

Le Premier ministre s’est exprimé devant les membres du CNT, qui fait actuellement office d’Assemblée législative, lors d’une session extraordinaire. Choguel Maïga a commencé son intervention par « une minute de prière » à la mémoire de toutes les victimes, maliennes et étrangères, de la crise. Puis il a rendu hommage « aux forces du changement » : le M5, le mouvement hétéroclite composé de partis politiques, de syndicats et d’organisations de la société civile, dont il était devenu le fer de lance, et « les forces de sécurité ».

En clair, les militaires qui ont finalement renversé le président IBK en août dernier, marginalisant pendant un temps le M5, et avec lesquels Choguel Maïga a croisé le fer jusqu’à sa nomination au poste de Premier ministre début juin. Une manière pour le Premier ministre de la « rectification de la transition » - c’est ainsi qu’a été présenté le second coup d’État à l’issue duquel Choguel Maïga a été nommé - de sceller la réconciliation avec ceux qu’il avait si vivement décrié pendant des mois.

Renforcer l’armée

Une fois entré dans le vif du sujet, Choguel Maïga a exposé un programme en quatre axes.

Premier axe : le renforcement de la sécurité. Pour améliorer la lutte contre le terrorisme et le banditisme, le premier ministre s’engage à mettre « tous les moyens matériels et humains nécessaires » à la disposition des forces de défense et de sécurité : renforcement des effectifs, modernisation des équipements et amélioration de la formation.

La stratégie de désarmement et réinsertion, prévue par l’accord de paix de 2015, sera accélérée. Des actions ciblées seront menées dans les régions du centre et du nord du pays, pour ramener les services sociaux et de bases.

Relecture de l’accord de paix

Sur un sujet plus polémique, Choguel Maïga a remis sur la table son projet de « relecture intelligente et consensuelle de l’accord de paix », et cela afin d’en favoriser une « appropriation collective ». Certaines dispositions seront relues selon les modalités prévues par l’accord : une démarche « inéluctable », selon Choguel Maïga, qui n’a pas précisé à quelles dispositions il pensait. Une démarche sur laquelle les ex-rebelles de la CMA expriment de vives réticences.

Assises nationales de la refondation

Deuxième axe : les réformes politiques et institutionnelles. Choguel Maïga prône une « rénovation du cadre politique » afin de rendre les institutions « plus fortes et plus légitimes ». Dans ce but, et comme il l’avait déjà évoqué, Choguel Maïga annonce des « Assises nationales de la refondation », un cadre de dialogue qui s’appuiera sur les conclusions du Dialogue national inclusif et des autres - très nombreux - « fora » ayant eu lieu ces dernières années.

Elections dans les délais

Troisième axe : l’organisation des élections générales, présidentielle et législatives, qui doivent marquer la fin de la Transition et le retour à l’ordre constitutionnel. Sans surprise, le Premier ministre les promet « transparentes, crédibles et inclusives ». Pour cela, il a une nouvelle fois défendu une réforme sensible, celle de la mise en place d’un organe unique de gestion des élections.

« Une demande persistante exprimée depuis des décennies par la classe politique et la société civile », a rappelé le chef du gouvernement, afin de restaurer la confiance de tous lors des compétions électorales. Depuis qu’il en est question, de nombreux partis politiques ont exprimé leurs craintes de voir cette ambitieuse réforme, et toutes les autres, mener à un allongement de la période de transition. Choguel Maïga, qui avait déjà expliqué qu’il entendait respecter les engagements pris devant les Maliens et la communauté internationale - une présidentielle en février et des législatives en mars -, n’est pas entré dans les détails du chronogramme de plan d’action, mais il a assuré qu’il « tenait compte des délais temporels de la transition ».

Pacte social

Quatrième axe : la promotion de la bonne gouvernance et l’adoption d’un pacte de stabilité sociale. Choguel Maïga promet une « gouvernance de rupture et d’exemplarité », fondée sur la lutte contre la corruption et l’impunité, « à la base de la déliquescence de notre Etat ». Le chef du gouvernement annonce des audits sur les bâtiments publics, une commission d’enquête sur les démolitions réalisées dans la zone aéroportuaire de Bamako ainsi que des enquêtes sur les exactions des 10,11 et 12 juin à Bamako, Sikasso et Kayes - lorsque des civils manifestant contre le régime IBK avaient été tués.

Sur le plan social, Choguel Maïga promet de dégager « minimum 100 milliards » pour les secteurs sociaux prioritaires au bénéfice des plus démunis. Le retour des déplacés et réfugiés dans leur localité d’origine est affiché comme une priorité du gouvernement. Choguel Maïga promet également une nouvelle conférence, sociale cette fois, et qui sera organisée « en concertation avec les partenaires sociaux ». Objectif : trouver les compromis permettant de concilier l’amélioration de la vie des travailleurs et du budget de l’Etat, et cela alors que la fin de la période IBK et le début de la Transition ont été marqué par des grèves à répétition. « Nos parents enseignants n’ont rien à craindre », a d’ailleurs promis Choguel Maïga, face aux inquiétudes liées à l’harmonisation des salaires dans la fonction publique.

2050 milliards

La lutte contre le coronavirus, l’amélioration de l’accès à la santé et à l’eau potable, la promotion de la culture, la prise en compte du genre et de la jeunesse ont également été citées, en fin de discours, comme des priorités qui demeurent.

À l’intention des partenaires de Bamako, Choguel Maïga a enfin assuré que le Mali continuerait de respecter tous ses engagements internationaux. « Notre pays est à un tournant décisif de son histoire, il joue sa survie avec l’aide des pays frères et des organisations multilatérales », a tenu à formuler le Premier ministre.

Le coût de ce programme a été estimé par le Premier ministre de la Transition à plus de 2050 milliards de FCFA.

► À lire aussi : Mali: le Premier ministre Choguel Maïga a présenté son plan de sortie de crise

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