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Mali : report sine die des « assises nationales »

logo de Le Point Le Point il y a 6 jours Par Le Point Afrique (avec AFP)
© ANNIE RISEMBERG / AFP

Les « Assises nationales » qui devaient se tenir en décembre au Mali, à l'issue desquelles la junte au pouvoir doit fixer une date pour des élections, ont été reportées sine die, a annoncé mardi la structure chargée de leur organisation.

L'organisateur officiel de ces assises a informé dans un communiqué « qu'en raison des concertations entamées avec les forces vives de la nation en vue de trouver la consensus le plus large possible pour une participation la plus inclusive, les dates des Assises nationales de la refondation ont été décalées ». « Un nouveau chronogramme sera annoncé à l'issue de ces concertations » menées depuis quelques jours, dit le communiqué.

La junte avait précédemment annoncé que ces assises se tiendraient du 21 au 26 décembre. Leur tenue programmée a suscité une large levée de boucliers au sein de la classe politique malienne.

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Blocage des partis politiques

Le 19 novembre, une coalition de partis politique, le « Cadre d'échange », avait indiqué son refus d'y prendre part. Elle avait exprimé ce refus en personne au colonel Assimi Goïta, au pouvoir depuis le putsch du 18 août 2020.

« Nous avons rencontré ce matin à Koulouba (le palais présidentiel) le président de transition. Nous lui avons expliqué notre vision, mais la pomme de discorde se situe au niveau des Assises nationales de la refondation », a dit à l'AFP Sékou Niamé Bathily, chargé de communication du Cadre d'échange. « On veut que le délai de la transition ne soit pas lié aux Assises. On veut les dissocier pour aller à l'organisation rapide des élections », a-t-il ajouté.

Cette coalition réunit plusieurs partis et regroupements de partis, dont le Rassemblement pour le Mali (RPM) de l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, renversé le 18 août 2020, et Yelema, de l'ancien Premier ministre Moussa Mara.

La transition a déjà manqué plusieurs échéances. Aucun projet de Constitution n'a été soumis au Conseil national de transition, installé par les militaires pour tenir lieu d'organe législatif. Cela aurait dû être fait en juillet, selon le calendrier rendu public en avril.

Les listes électorales auraient dû être également révisées en juillet, et auditées en août. Les autorités n'ont donné aucun signe que cela avait été fait.

Le décret convoquant le corps électoral est censé être pris le 15 septembre. Rien ne dit à ce stade s'il le sera ou non.

Seul consensus qui se dessine : la nécessité de publier un nouveau calendrier électoral.

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Le doute grandit sur le respect du calendrier

Le Premier ministre installé par la junte, Choguel Kokalla Maïga, insiste sur la tenue de ces assises pour décider des suites de la transition. Dans plusieurs interviews, il a notamment fait primer leur tenue sur la tenue d'élections censées garantir un retour à un pouvoir civil.

La nouvelle de ce report n'est pas vraiment surprenante puisque Bamako a récemment notifié à la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) que le Mali serait dans l'incapacité d'organiser ces élections en février 2022, évoquant notamment l'insécurité criante dans les régions.

Le Mali est le théâtre depuis 2012 d'un conflit lancinant avec des attaques répétées de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique, doublées de violences contre les civils perpétrées par des groupes armés, certains autoproclamés d'autodéfense. Les forces régulières sont également fréquemment accusées d'exactions.

Lors de ses prises de paroles publiques, Choguel Kokalla Maïga a plusieurs fois indiqué vouloir créer via ces assises les conditions idoines pour que les élections ne soient pas contestées. « Comment battre campagne dans des contrées affectées par l'insécurité, assurer la pleine participation des citoyens sans le préalable de la sécurité. Les choix politiques et courageux et avisés sont en cours, qu'il s'agisse de l'autorité (de gestion des élections) ou des assises nationales de la refondation au terme desquelles les Maliens vont renouveler leur vision de l'État », a-t-il plaidé.

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