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Marseille : Un hôpital se dote d’une imprimante 3D capable de « fabriquer de la peau implantable sur l’homme »

logo de 20 Minutes 20 Minutes 25/11/2021 Caroline Delabroy

L’objectif est de réaliser le premier essai clinique d’implantation de tissus humains imprimés en 3D, une technologie d’avenir pour le traitement notamment des grands brûlés

Pour la première fois, une imprimante 3D de tissu humain est installé à l'hôpital à Marseille © AP-HM Pour la première fois, une imprimante 3D de tissu humain est installé à l'hôpital à Marseille INNOVATION - L’objectif est de réaliser le premier essai clinique d’implantation de tissus humains imprimés en 3D, une technologie d’avenir pour le traitement notamment des grands brûlés

Du haut de ses deux mètres, elle est arrivée empaquetée comme une précieuse œuvre d’art. Il faut dire que beaucoup d’espoir réside dans cette plateforme de bio-impression 3D capable, en quelques heures, d’imprimer 40 cm² de substitut de peau en collagène à partir de seulement 4 cm² de tissu prélevé sur l’homme. Une aubaine pour soigner, par exemple, les grands brûlés. L’engin a pris place au sein de l’hôpital de la Conception à Marseille, dans la zone de fabrication de médicaments de thérapies innovantes.

« C’est une révolution, un changement d’échelle, cet outil technologique de pointe va nous permettre de fabriquer de la peau implantable sur l’homme », affirme le Pr Florence Sabatier, qui dirige le laboratoire de culture et thérapie cellulaire de l’hôpital. L’équipe attend encore les dernières autorisations pour démarrer, au premier trimestre 2022, un essai clinique avec un panel de 12 patients, comme c’est généralement le cas pour les premiers essais sur l’homme. Avec l’objectif de signer une première mondiale : l’implantation de tissus humains imprimés en 3D à partir des cellules de patients.

Une peau pour la première fois « complète »

La technologie a été développée par la start-up Poietis, installée à Pessac, près de Bordeaux, avec qui l’AP-HM a signé un contrat de collaboration. « Aujourd’hui, on est en mesure de fabriquer des tissus implantables, notre objectif est de rendre cette fabrication accessible aux patients et d’en faire une réalité, avance son directeur Fabien Guillemot. Pour pouvoir franchir cette étape, il fallait pouvoir bénéficier d’un environnement adapté, avec toutes les compétences, et cet écosystème nous l’avons trouvé à Marseille. »

« Pour la première fois, on va pouvoir disposer d’une peau complète, totale, qui comprend l’épiderme et le derme », se félicite le Pr Dominique Casanova, à la tête du service de chirurgie plastique et réparatrice. Des greffes de peau, il en pratique au quotidien : « Cela marche généralement bien, au prix d’un petit prélèvement en zone saine. La situation se complique quand il y a de grandes surfaces de peau à réparer. La thérapie cellulaire est venue à notre secours il y a une vingtaine d’années. En quelques semaines, on peut obtenir des feuilles d’épiderme, mais au prix d’une peau fragile et avec souvent des séquelles ». D’où la forte attente d’une peau imprimée en 3D.

« Une arme thérapeutique très puissante. »

« Ce qu’apporte la bio-impression, c’est la capacité de fabriquer un tissu selon un fichier numérique et à en contrôler la forme et l’architecture du tissu », avance Fabien Guillemot. Concrètement, le process de fabrication dure trois semaines. Car avant d’imprimer, il faut d’abord démarrer par une biopsie, pour prélever quelques centimètres de peau, puis extraire un certain nombre de cellules de la peau et entamer une phase de multiplication. Ce n’est qu’une fois qu’elles ont atteint un nombre suffisant, que l’impression sur un biomatériau commence. Avant d’imaginer une transplantation sur l’homme, l’ensemble doit maturer une dizaine de jours.

Les premiers essais menés en laboratoire sur des souris sont très encourageants, selon le Dr Maxime Abellan-Lopez, chirurgien plastique à l’AP-HM. « On a réussi à avoir les caractéristiques mécaniques et dynamiques de la peau humaine, en termes de souplesse et de résistance, comme si les cellules natives n’avaient jamais quitté le patient ! Cela devient une arme thérapeutique très puissante. » Qui pourrait dépasser le simple champ de la peau. Selon l’AP-HM et la société Poietis, cette technologie pourrait ouvrir la voie dans les années à venir à la bio-impression de cornée, de cartilage et pourquoi pas, sur un plus long terme, à des organes vascularisés plus complexes.

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