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Le patrimoine d’Abderrahmane Youssoufi géré par la FNM et Archives du Maroc

logo de Yabiladi Yabiladi il y a 5 jours Ghita Zine
© Fournis par Yabiladi

La donation de la famille feu Youssoufi à la FNM et aux Archives du Maroc a été actée, hier, au siège du CNDH. Plutôt que de créer une Fondation privée, comme préconisé par des membres de l’USFP, le projet ancre l’héritage de Youssoufi dans le cadre prédéfini de la conservation du patrimoine national matériel et immatériel.

Veuve d’Abderrahmane Youssoufi, Marie-Hélène Youssoufi et l’exécuteur testamentaire de la famille, M’barek Bouderka, ont signé lundi les actes de donation à la Fondation nationale des musées (FNM) et aux Archives du Maroc. Au siège du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) à Rabat, l’initiative a été actée avec le président de la FNM, Mehdi Qotbi, et le directeur des Archives du Maroc, Jamaâ Baïda.

Pour Marie-Hélène Youssoufi, cet acte de donation permet de réaliser les volontés de son mari de léguer ses biens matériels et immatériels aux deux institutions, de manière à préserver l’empreinte historique du militant et de l’homme politique. «Abderrahmane et moi-même ne faisons donc que rendre aux Marocains ce qui leur appartient déjà, la mémoire d’un homme qui a consacré toute sa vie à ses compatriotes et qui leur laisse tout ce qui lui reste de cette vie», a-t-elle indiqué, dans une allocution lue en son nom par Amina Bouayach, présidente du CNDH.

Cette initiative a déjà été annoncée l’année dernière, peu après le décès de l’ancien Premier ministre et militant socialiste, le 29 mai 2020. En septembre de la même année, Marie-Hélène Youssoufi a déposé le testament de son époux défunt auprès du notaire, afin de l’enregistrer et de mettre en œuvre ses dernières volontés. Parmi celles-ci, l’ancien dirigeant de gauche, résistant et défenseur des droits humains a émis le souhait que son appartement à Casablanca devienne un musée, tout en gardant ses meubles, sa bibliothèque, ses documents, ses photos et l’ensemble de ses pièces.

Le testament prévoit de transférer le domicile à la Fondation nationale des musées, de manière à l’ouvrir au large public et qu’il accueille des visiteurs, à l’image des autres musées du pays. Dans le même document, Abderrahmane Youssoufi a émis le souhait que l’ensemble de sa fortune et héritage matériel, enregistrés à son compte, soient également transférée à l’institution culturelle, après le décès de Marie-Hélène Youssoufi. Cette dernière occupera encore l’appartement jusqu’à sa mort. A partir de cette date, les souhaits du défunt prendront effet.

Un transfert aux institutions publiques plutôt qu’une Fondation Abderrahmane Youssoufi

Pour des membres de l’entourage de la famille Youssoufi, cette idée de musée émanerait de M’barek Bouderka pour éviter toute incertitude ou désaccord sur la gestion du leg. Marie-Hélène Youssoufi conservera l’appartement de son vivant, d’autant que son mari «s’était déjà préoccupé de tout cela en le mettant au nom de son épouse», ont-ils déclaré à Yabiladi. «Lorsque l’idée de transformer l’appartement en lieu de souvenir a été proposée, les frères et sœurs de Youssoufi ont réagi, gestion de l’héritage oblige. Dès lors, il fallait prendre le temps pour éviter tout conflit et mettre à plat le patrimoine de feu Youssoufi», là où Bouderka aurait agi pour obtenir un consensus.

Auprès de Yabiladi, M’barek Bouderka a affirmé de son côté que «ce projet a déjà été pensé du vivant de l’ancien leader de la gauche marocaine». «Je lui avais moi-même proposé l’idée de créer une fondation, mais il avait montré ses réserves et a préféré que l’héritage revienne aux institutions publiques», a-t-il affirmé à notre rédaction. «J’ai été approché pour convaincre feu Youssoufi du projet d’une Fondation éponyme, avec comme espace le siège de l’Union socialiste des forces populaire (USFP) au quartier Agdal de Rabat. Mais comme feu Youssoufi, moi-même je n’étais pas enthousiasmé pour l’idée», a indiqué l’ancien membre de l’Instance équité et réconciliation.

Plutôt que de créer une Fondation portant son nom et dont la continuité de gestion risquerait de ne pas être assurée indéfiniment, le défunt aurait ainsi préconisé de transférer le projet de conservation aux structures étatiques déjà en charge de la protection des archives et du patrimoine. Bouderka rappelle que ce sera désormais aux Archives du Maroc de «récupérer l’ensemble des documents de feu Youssoufi, au Maroc et en France, pour les conserver et les mettre à la disposition des chercheurs, des historiens dans le présent et à l’avenir, même d’ici 100 ans, ce qui les préservera de toute éventuelle déperdition».

Pour sa part, la FNM «récupérera le domicile situé à Casablanca et s’occupera certainement de la préservation de celui à Cannes», deux espaces qui peuvent devenir respectivement un musée et un espace de résidence artistique profitant aux jeunes et aux étudiants marocains des Beaux-Arts, selon Bouderka. «L’idée est également – et pourquoi pas – de créer un Prix M. et Mme. Youssoufi pour les jeunes», nous indique encore l’exécuteur testamentaire. «C’est la FNM qui conservera la mémoire de ces lieux pour tous les Marocains. Pour le défunt, «il s’agit d’un projet construit sur des bases modernes qui permettront d’immortaliser le patrimoine matériel et immatériel», a-t-il souligné.

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