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100.000 Emplois à la carte

logo de L' ExpressionL' Expression 24/10/2020 Saïd BOUCETTA
Emplois dans l’éducation et la santé © Présenté par Emplois dans l’éducation et la santé

Un recrutement aussi massif est de nature à résorber le chômage et donner un plus en matière de pouvoir d'achat.

L'Etat a l'intention de recruter massivement en 2021. Dans beaucoup de départements, la fonction publique va grossir de plusieurs dizaines de milliers de nouveaux fonctionnaires. Cela en plus du dispositif d'aide à l'insertion professionnelle, dont les bénéficiaires, de jeunes diplômés, seront également confirmés à leurs postes. Le nombre des employés concernés par la mesure est impressionnant (lire l'article de Abdelkim Amarni). La démarche de l'Etat, explicitée devant la commission des finances de l'APN par le directeur général du budget auprès du ministère des Finances, vise la dotation de nombreux ministères, dont celui de la Santé et de l'Education nationale de ressources humaines, nécessaires au bon fonctionnement des établissements dépendants de ces deux secteurs notamment. Le ministère des Finances va jusqu'à dégeler les postes de fonctionnaires non remplacés après des départs à la retraite.

L'impression que dégage cette série de décisions prises par le gouvernement, est un retour sur une démarche préconisée par les exécutifs Sellal et Ouyahia, qui avaient, rappelons-le décidé de dégraisser la fonction publique en gelant purement et simplement les recrutements, à l'exception de la Santé et de l'Education nationale. Le directeur général du Budget a inclus la Solidarité nationale, les Finances et d'autres départements dans l'effort de recrutement de la fonction publique. Ainsi, même si l'Exécutif actuel mise énormément sur une relance économique comme principale mesure de lutte contre le phénomène du chômage, il semble tout aussi décidé à faire de l'administration un moteur de cette même relance. En effet, un recrutement aussi massif est de nature à résorber le chômage et donner un plus en matière de pouvoir d'achat, lequel est censé servir à dynamiser la production nationale, principal réceptacle de la consommation des Algériens. Mais cet aspect des choses ne saurait être un objectif premier à une opération de cette envergure.

Il y a dans la démarche de l'Exécutif une volonté d'améliorer le service public, d'apporter une aide efficace aux plus démunis et surtout assumer les grandes réformes que devront connaître les secteurs de la santé, de l'Education nationale et des finances. Il faut souligner à ce propos, que les services fiscaux seront confortés par un apport conséquent en matière de ressources humaines. Les 3705 nouveaux fonctionnaires seront d'un apport conséquent en matière d'amélioration de l'efficacité de la collecte des impôts. C'est en soi, un investissement que consent l'Etat pour améliorer ses recettes fiscales ordinaires.

La question qui taraude les observateurs tient dans l'effort financier colossal qu'engagera l'Etat pour l'exercice 2021. En effet, la situation du pays ne s'est pas améliorée depuis la décision de gel des recrutements prise par le gouvernement Sellal. Pis encore, elle s'est dégradée en raison de l'épidémie de coronavirus, dont l'une des conséquences directes aura été l'affaissement des prix du pétrole. La seule explication que l'on peut trouver à l'attitude de l'Exécutif sur la question des recrutements est qu'il a l'intention de réorienter les dépenses publiques. Mais il faut aussi dire que la démarche des pouvoirs publics suppose une petite révolution dans l'économie du pays. 2021 devra donc être l'année de la relance économique, du développement quasi exponentiel des exportations hors hydrocarbures et la création de plusieurs centaines de milliers d'entreprises en petites et moyennes. Le chef de l'Etat ne fait pas secret de son ambition de booster les entreprises de la nouvelle économie. Il a, pour cela, déjà créé tout l'environnement juridique nécessaire, appuyé par une volonté politique sans faille.

Il reste que, compte tenu de la situation sanitaire encore instable à l'échelle de toute la planète, la démarche, d'ailleurs préconisée par le président de la République bien avant l'avènement de la pandémie de Covid-19, contient une part de risque, estiment certains observateurs. Et pour cause, toute relance économique est dépendante de facteurs exogènes que les gouvernements ne maîtrisent pas. Mais l'assurance du président de la République quant à la capacité de l'Algérie de rebondir très vite et très fort, repose, elle aussi, sur des arguments qui tiennent la route. L'Algérie ne peut pas se développer en serrant la ceinture, comme le lui demandent le FMI et la Banque mondiale. Sa chance d'émerger véritablement sera de mettre toutes les chances de son côté et investir massivement dans sa ressource humaine.

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