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«Merlan en colère» électoral

logo de Al Bayane Al Bayane 13/01/2021 AL Bayane

Presque à la même vitesse de propagation que celle du coronavirus et de ses variants, mais sans morbidité aucune, la fièvre électorale est en train de se répandre à travers le royaume. Elle touche même nos compatriotes se trouvant à l’étranger ; nos marocains du monde qui s’expriment à ce sujet parfois avec amertume.Surla base de ce qui circule à travers les médias, les partis politiques seraientarrivés à s’accorder avec le ministère de l’intérieur sur les

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Presque à la même vitesse de propagation que celle du coronavirus et de ses variants, mais sans morbidité aucune, la fièvre électorale est en train de se répandre à travers le royaume. Elle touche même nos compatriotes se trouvant à l’étranger ; nos marocains du monde qui s’expriment à ce sujet parfois avec amertume.

Surla base de ce qui circule à travers les médias, les partis politiques seraientarrivés à s’accorder avec le ministère de l’intérieur sur les nouvellesdispositions devront régir les prochaines élections. Encore deux ou troispoints à régler et il restera à changer le code électoral en conséquence ;et que vogue la galère.

Presquetous les acteurs du champ politique sont sur les startingblocks; et si, pourl’instant, certains estiment que «rien ne sert de courir», d’autres, «vendantla peau de l’ours avant de l’avoir tué», constituent des coalitions probableset font des appels du pied qui rappellent les manœuvres d’avant l’alternance consensuelle.

Ceux-làsont ceux que le commun des mortels ici-bas appellent «les politiciens»;ceux-là même qui prévoient un taux d’abstention en baisse par rapport auxprécédentes échéances électorales.

Cetteabstention n’est pas fortuite. Elle est l’expression d’une sédimentation defaits, objectifs et subjectifs, que le champ politique national n’a pas suévacuer et qui deviennent un lourd handicap pour le renouvellement de l’actionpolitique et de la consolidation du processus démocratique.

Sansrevenir aux conditions générales de la vie sociale qui participent à cetterenonciation de la politique ; il revient aux «politiciens» eux même decrever l’abcès ayant conduit à cette fâcherie entre la population et les organisationspolitiques.

Rienne sert de revenir au passé, même proche, pour y puiser les preuves et lesarguments concernant la sincérité de ses engagements, la pertinence de sesanalyses, la justesse de ses positions et la clairvoyance de ses propositions.Ceux qui se déterminent comme «non politiciens» répondront que cela ne les apas sortis d’affaires et qu’ils subissent les dommages collatéraux cumulésdepuis que les « politiciens » sont aux affaires. Cela ressort dansles diverses manifestations de la chaleur électorale qui différent d’une régionà une autre, entre les jeunes et les tenants de l’élégerocratie, entre ladirection et la base des organisations politiques.

Parcertains aspects, certaines opinions qui s’expriment ouvertement à travers lesréseaux sociaux sont en régression par rapport à la consolidation du processusdémocratique. Ainsi ; elles prennent acte de l’état de la démocratie dansnotre beau pays et s’inscrivent dans une logique qui admet le jeu électoral,mais ne confère aux institutions aucun rôle pesant dans la transformation de lasociété et l’amélioration des conditions de vie de la population. Les électionssont perçues comme un ascenseur social dont le bénéficiaire devrait être «unjeune parmi nous, au lieu d’un vétéran qui a vécu plusieurs années au parlement».

La même position a été revendiquée, au début du processus démocratique, par « les jeunes du quartier » pour faire élire l’un des leurs afin qu’il améliore son sort. L’expérience n’a pas été concluante, ni pour le quartier et sa population, ni pour le jeune dont l’engagement civique s’est avéré très faible. Ilest clair que les jeunes veulent se positionner, et c’est une nécessité ;d’autant plus que l’élection par le biais de la liste nationale ne serait plus envisageable.

Refusantl’engagement en masse dans un parti politique pour agir pour le changement, cesmêmes jeunes s’inscrivent dans la continuité du système électoral tel qu’il estet non en rupture avec ses conditions et avec les comportements pour lesquelsles parlementaires sont critiqués : cumul des mandats, non renouvellementde la représentation, inefficacité de l’action menée pour le développementlocal, non résolution des problèmes structuraux de la circonscription, aucunereddition de comptes ni même explication de la politique menée. L’establishmentd’une élégerocratie en quelque sorte.

Apart quelques parlementaires qui tiennent une permanence, le contact est très restreintavec la population et se limite beaucoup plus entre le parlementaire etl’autorité territoriale. La majorité électorale locale, ayant été rétribuéepour son vote, est disqualifiée pour toute autre revendication jusqu’auxprochaines échéances.

Cetteréalité caricaturale de l’action des élus, hormis quelques-uns, fait que lareprésentation nationale est discréditée auprès d’une population dont lesattentes se font de plus en plus pressantes et qui souffre desdysfonctionnements et des inégalités issus du « modèle dedéveloppement » actuel.

D’autrepart, les partis politiques sont tributaires de «l’attribution de subventionsannuelles que l’État leur accorde pour couvrir leurs frais de fonctionnement,l’organisation de leurs congrès nationaux ordinaires, et leurs campagnesélectorales locales, régionales ou nationales». Avancée démocratique de valeur,elle fait obéir, de plus en plus, les structures partisanes aux critères dereprésentativité basée essentiellement sur l’arithmétique (Chapitre IV de laloi 29-11 relative aux partis politiques). L’allocation de l’accréditation pourla candidature est soumise à l’appréciation de la capacité du futur mandataireà remporter l’élection et à pouvoir engranger le maximum de voix.

C’estlà une des bases fondamentales qui permet à l’élégerocratie de se pérenniser audam des jeunes, des militants et de celles et de ceux qui croient être des «compétences».Le programme d’action, les idées novatrices, l’enthousiasme et la mobilisationdes jeunes ainsi que l’engagement politique sincère pèsent peu devant «lafriture des zarkalafs».

Parcela, et par d’autres imperfections, le système électoral national est comme ce«merlan en colère» frit ; sa queue est ramenée vers la bouche,coincée entre les dents pour lui donner la forme d’un zéro…

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