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Pourquoi le biopic « Eiffel » avec Romain Duris et Emma Mackey a failli ne jamais voir le jour

logo de Vanity Fair Vanity Fair 13/10/2021 Norine Raja
© VVZ Production/Pathé Films/Antonin Menichetti

Porter un projet de film est un travail de longue haleine. Quiconque en doute prendra conscience de l’ampleur et du dévouement que nécessite parfois le cinéma, en lisant Eiffel et moi de Caroline Bongrand (éditions Amphora). L’auteure, derrière le scénario du biopic consacré à Gustave Eiffel avec Romain Duris et Emma Mackey (sortie ce 13 octobre), y détaille le chemin de croix qu’a nécessité l’aboutissement de son idée.

C’est en septembre 1997, par un coup de bluff, que naît d’abord Eiffel. Élève à la prestigieuse Université de Californie du Sud, Caroline Bongrand se retrouve à pitcher des idées dans le bureau d’un patron de maison de production. Face au scepticisme de son interlocuteur, elle sort sous le coup de la panique une dernière suggestion de son chapeau : « Gustave Eiffel a construit sa tour pour une femme qu’il a follement aimée et dont le prénom commençait par un A. Vous avez remarqué que la Tour Eiffel a la forme d’un A ? C’est une si belle histoire d’amour. Personne ne l’a jamais racontée », lance-t-elle. Selon Christine Kerdellant, auteure du livre La vraie vie de Gustave Eiffel, la forme de l'édifice ne serait pas vraiment inspirée d'une femme, comme elle confiait à France Bleu. Mais l’histoire a de quoi séduire le public : quoi de plus français et de plus romanesque qu’une intrigue taillée autour de ce monument mondialement connu ? La proposition faisant mouche, la scénariste en herbe s’attelle déjà à la phase de recherche, et à l’exploration de l’idylle entre l’ingénieur et sa compagne Adrienne Bourgès. Puis comme beaucoup de néophytes plongés dans le bain hollywoodien, elle déchante : le long-métrage, un temps envisagé avec Liam Neeson dans le rôle principal, est abandonné pour cause de conflit personnel entre son producteur et le réalisateur pressenti.

De retour à Paris, Caroline Bongrand se consacre à d’autres projets, l’écriture de romans, mais aussi un poste de rédactrice en chef à L’Officiel. La deuxième partie du livre revient sur les nouvelles pérégrinations de la scénariste, cette fois en terres hexagonales : ainsi on apprend que Luc Besson a été intéressé, mais voulait absolument se réapproprier le scénario. Marion Cotillard a également été plébiscitée pour le rôle (en vain), aujourd’hui tenu par Emma Mackay, pendant le laps de temps où Olivier Dahan (La Môme) était attaché au long-métrage. Il y eut même une brève piste du côté de Ridley Scott, qui retombera aussi comme un soufflet. Si l’histoire se finit en happy end bien sûr, avec un projet finalisé sous la houlette de Martin Bourboulon, il aura fallu 22 ans pour arriver à ce résultat. Au-delà du portrait qu'il dresse de l'industrie du cinéma, Eiffel et moi est un livre édifiant sur la difficulté d'être scénariste aujourd'hui, un métier toujours plus déconsidéré.

Eiffel et moi de Caroline Bongrand, éditions Amphora.

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