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Non, les médias ne sont pas si méchants que cela avec le PSG

logo de Sport24 Sport24 il y a 3 jours Christophe Remise
© Panoramic

«C’est nous contre le reste du monde». C’est la mentalité du groupe parisien, ainsi que l’expliquait Ander Herrera ces derniers jours, dans la presse espagnole. L’ancien Mancunien en profitait pour vilipender les «hatersou la presse» qui «créent des problèmes». «Toute la France attend que le PSG perde et espère qu’il commette une faute pour l’attaquer», avait encore ajouté l’international espagnol. Un état d’esprit qui a largement rejailli vendredi soir, dans l’auditorium du Stade de France, après le succès parisien en finale de la Coupe de la Ligue contre l’OL (0-0 ap, 6-5 tab). Conférence de presse qui aura été nettement plus animée que la rencontre en elle-même… On a d’abord vu Ander Herrera mettre un point d’honneur à s’écarter des questions pour passer son message : «Le plus important, avant la Ligue des champions, c’est de remporter les trophées nationaux. On en a gagné quatre cette saison.» Le tout en chantant les louanges de l’OL et globalement du football français, histoire de donner encore plus de crédit à la performance du PSG et répondre par avance aux éventuelles grincheux qui sous-évaluerait la portée des succès parisiens.

Qui s’y frotte s’y pique

C’était ensuite à Thomas Tuchel de répondre aux questions des médias. Questions qui ont, entre autre, tourné autour de la perspective de la C1 et de la qualité de jeu pas franchement rassurante de «son» PSG à l’occasion des deux finales, Coupe de France et Coupe de la Ligue. Pourtant enjoué à son arrivée à la tribune, le coach allemand s’est emporté lors qu’un confrère lui a soumis le fait que Paris n’a inscrit qu’un but entre 210 minutes lors des matches contre l’ASSE et l’OL… «Et quoi ?», a-t-il répété à plusieurs reprises. «On a seulement de la chance. Pas de qualité, seulement de la chance. Difficultés dans le jeu ? C'est le foot ! C'est seulement le foot. Montrez-moi une équipe qui marque quatre ou cinq buts à chaque match ! Ce n'est pas possible ! Vous cherchez toujours le négatif. Il y a 99 points positifs, mais on cherche le 100e, on doit trouver des problèmes... Il n'y a pas de problème. On a gagné.» Et plutôt deux fois qu’une, en effet.

Au final, on ne peut que se réjouir de ce sentiment de persécution médiatico-public. C’est visiblement le ciment qui unit ce vestiaire, ce groupe, ce club. Une motivation comme une autre. Mais si ça marche… Il convient toutefois de souligner que personne n’a remis en cause les prouesses parisiennes. Et notamment en coupes, sur un match sec. «Ce n’est pas facile, on l’a vu la saison dernière», confirme Herrera, se souvenant que Paris n’a remporté aucune des deux coupes nationales la saison passée. Neuf fois championne d’Italie ces neuf dernières années, la Juventus a par exemple perdu la finale de la Coupe d’Italie cette saison.  

Paris et Lyon, même combat

Mais cela n’empêche pas de se souvenir que le Paris Saint-Germain a des moyens, et donc des joueurs, largement au-dessus de la meute sur la scène hexagonale. On sait aussi que ce ne sont pas seulement les médias et le public qui sont obsédés par la coupe d’Europe, c’est tout le club, les joueurs en tête. Sans parler de Doha… Alors souligner les résultats de l’équipe de Thomas Tuchel n’empêche pas de se poser des questions sur la qualité du jeu lorsque c’est nécessaire. Comme ça peut être le cas aujourd’hui. Les 3500 spectateurs qui étaient au Stade de France, et les quelques millions d’autres devant leur poste, peuvent attester de la pauvreté du jeu parisien. La pauvreté du jeu tout court d’ailleurs, les deux équipes ayant rivalisé dans ce domaine. «C'était un match fermé», reconnaitra pudiquement Rudi Garcia. «C'est très facile à expliquer : c’est l’OL en face (rires)», dit Herrera. Et Tuchel d’ajouter : «Je suis très fier de mon équipe, ce sont des gars fiables, qui profitent de travailler et de souffrir ensemble.» Souffrir, oui, mais pas trop !

Deux circonstances atténuantes pour les deux clubs après cette terne finale. D’abord, la chaleur. Ecrasante tout au long de la rencontre. Et ensuite l’arrêt de la Ligue 1, cette interruption de quatre mois pour cause de coronavirus et… du fait de certaines décisions des instances, voire plus haut. Difficile de réenclencher la machine dans ces conditions… Etait-il opportun de faire jouer ces deux finales après l’arrêt de la Ligue 1 ? «Franchement, je préfère ne pas répondre à cette question, élude Garcia. Il y a des gens qui sont sensés penser et répondre à cette question.» Et le coach lyonnais d’ajouter, au détour d’une réponse à une autre question : «Après quatre mois d’arrêt, jouer 120 minutes, ce n’est pas évident… On va dire ça comme ça.»

Et maintenant, la Ligue des champions

Lyonnais et Parisiens vont toutefois devoir remettre le bleu de chauffe très vite, et avant le reste des clubs de Ligue 1. L’OL affronte la Juve vendredi prochain, tandis que le PSG a rendez-vous avec l’Atalanta le 12 août. S’il promet que cette finale face à Paris représente «une bonne base de travail», Rudi Garcia reconnait aussi que Lyon devra se montrer «un peu meilleur offensivement pour marquer à Turin». Thomas Tuchel, lui, sait bien que «l'Atalanta a un grand avantage parce qu'ils ont le rythme» de la compétition. Sous-entendu, l’OL n’a pas fait assez offensivement et le PSG manque (logiquement) de rythme. Egalement agacé par les questions sur les joueurs qui n’ont guère brillé vendredi, Idrissa Gueye ou Mauro Icardi par exemple, le coach allemand a en outre reconnu leurs difficultés. «Pas de grandes choses», a-t-il toutefois précisé. Comprenez : «Rien de grave». Mais pas rien du tout. Finalement, tout n’était donc pas aussi parfait et on a peut-être le droit de s’interroger sur la qualité de jeu des deux équipes, et notamment celle du PSG. Mais encore une fois, si les Rouge et Bleu y trouvent la clé pour aller au bout à Lisbonne, qui s’en plaindra ?

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